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    assette, aissette (marteau)    Dér. à l'aide du suff. -eau* de l'a. fr. aisse « hachette, doloire », attesté dep. 1271 (E. Boileau, Livre des mestiers, 1repart., 79, 6, Bonnardot ds Gdf. : Nus chapuiseur ne puet ne ne doit metre entour nule viez sele, c'est a dire nule viez sele rapareillier ne a coutel ne a aisse, c'est a dire hanel), du lat. ascia « hache ».
        Même radical que asseau. Bas-latin, asciculus, du latin asciola, asciolus, diminutif de ascia, instrument de charpentier. (Littré)

    assez (postposé) (Nord, Belgique, Lorraine)    "on y voit clair assez, le fil est long assez". > il o foait keud assé = FR il a fait assez chaud).

    astic    Déverbal d'un verbe *astiquer du dial. hennuyer (parler où l's devant consonne s'est maintenu à l'époque moderne), correspondant au liég. astichî « tendre, pousser en avant » (Haust), et dont l'existence est attestée par le dér. astiquette, mot dont le phonétisme révèle l'origine hennuyère, passé en Flandre et en Artois au sens de « alène que le mineur enfonce de la main dans le bois pour y accrocher la lampe » (v. Wartburg ds R. Ling. rom., t. 24, 1960, p. 285); la forme verbale en usage en Flandre, Artois et Picardie, après la chute du s devant consonne est at(t)iquer « accrocher, pénétrer, enfoncer » (FEW, t. 17, p. 234a).
        *Astiquer correspond, avec changement de préf., à l'anc. pic. estiquier « ficher, frapper avec force » (1374-1507 ds Gdf.), agn. estikier « ficher, enfoncer » (Jordan Fantosme ds Gdf.), a. fr. estichier « id. » (fin xiiie-xives., Doon de Mayence ds T.-L.), verbes empr. à l'a.b.frq. *stikkan « piquer », v. aussi étiquette.
        Le sens techn. de astic se déduit facilement de celui de « pousser en avant » du verbe; le terme du dial. septentrional a pénétré en fr. comme terme de mét.; il est prob. passé ds la lang. commune à travers la lang. techn. des cordonniers milit.; avec l'évolution de la forme du polissoir, la notion de « pointe » a actuellement disparu. En cette hyp., le fr. mod. astiquer* serait une nouvelle formation propre au fr., tout à fait distincte de l'*astiquer hennuyer. L'hyp. qui consiste à faire de astic un déverbal du fr. mod. astiquer* n'est pas recevable du point de vue chronologique. L'hyp. d'un empr. de astic à l'angl. stick « bâton » (DG, Dauzat68) fait difficulté du point de vue phonét., ne pouvant expliquer le a- initial; de plus, un empr. de ce terme isolé à l'angl. par la lang. des cordonniers s'expliquerait difficilement.

    asticoter    Altération du m. fr. dasticoter « parler allemand » 1640 (Oudin, Curiositez françoises, Paris), devenu tasticoter 1718 (Ph.-J. Le Roux, Dict. comique, satyrique, critique, burlesque, libre et proverbial, Amsterdam ds Sain. Lang. par., p. 339), très attesté ds les dial. du Nord et de l'Est; pic. testicoter « contester, discuter » (Corblet), lorr. [Moselle] tasticotè « tergiverser » (Zeliqzon), v. aussi FEW t. 5, 2e part., p. 58. La perte de la consonne initiale s'explique peut-être par infl. de astiquer* apparu postérieurement en fr., mais dont la solide implantation dans les dial. du Nord atteste l'existence antérieure (FEW t. 17, p. 233b); cf. aussi la loc. d'asticot, D'Aubigné, infra. Dasticoter est dér. de dasticot espèce de juron 1574 (Des Autels, Mitistoire Barragouyne, ch. 5 ds Hug.), 1616 Aubigné, Hist. univ., I, 331, ibid. : Les lansquenets s'acharnent sur eux en criant d'asticot : Schelme Montcontour, souvenez-vous de la bataille de Montcontour [qui doit se comprendre « en criant : malédiction! infâme » ... plutôt qu' « en criant avec provocation » comme le suggère Hug.], empr. à l'all. Dass dich Gott... « Que Dieu te... » premiers mots de jurons all. prob. introduits par les lansquenets all. (cf. Rabelais, Gargantua, chap. 17, éd. antérieure à 1535 c.-à-d. éd. de 1534 ds Marty-Laveaux, Les Œuvres de Maistre François Rabelais, t. IV, 1881, p. 107 [énumération de jurons] Ie renye dieu, Frandiene vez tu ben, la merde, po cab de bious, das dich gots leyden schend [Que la Passion de Dieu te confonde!], pote de christo, ventre sainct Quenet...). [La date de 1747 fournie par la plupart des dict. étymol. à la suite de Esnault ds Fr. mod., t. 11, p. 206 ne semble pas sûre pour le texte de Caylus que Cioranesco, Bibliographie de la littérature française du XVIIIe siècle, I, 465a, date de 1785 (?), l'aut. étant mort en 1765].
        En dépit des apparences, ce verbe ne viendrait pas du nom asticot. Littré rattache asticoter au picard astiquer « toucher du doigt (une région sensible) », lui-même probablement du néerlandais steken « piquer ». Une autre hypothèse : le mot viendrait du moyen français, dasticoter (« parler allemand ») qui aurait été emprunté au juron allemand Dass dich Gott… ! « Que Dieu te (damne) ! .
        Au départ, le mot signifiait « parler allemand » puis « contester » et « jurer ». C’est par croisement avec d’asticot, juron de même origine obtenu par métanalyse, et astiquer que la forme sans consonne initiale peut être obtenue, asticoter, peut-être aussi par influence de estiquer, du néerlandais steken « piquer ».
    source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fremdwörter