• BRE

    brédissure    Dér. du rad. du part. prés. de brédir « assembler (des pièces de cuir) avec des lanières », avec pour 1  infl. morphol. de bride* et pour 2 infl. sém. de brider*. Brédir, attesté dep. 1404 (Stat. d. bourreliers in Lespinasse,  Métiers de Paris, iii, 472 cité par Barb. Misc. 13, no15), est empr. au m. néerl. breiden « tresser, natter », Verdam  (Barb., loc. cit.; FEW t. 15, 1, p. 263a), néerl. mod. breien « tricoter », d'orig. discutée.

    brelan    1. [Ca 1165 brelenc « table de jeu » (G. d'Arras, Eracle d'apr. Delboulle Rec. dans DG); il n'a pas été possible de localiser le passage dans l'éd. E. Löseth]; xiiies. brelenc « id. » (Du Prestre qu'on porte (Fabliau) éd. Montaiglon et Raynaud, IV, 27, 785) − 1409 (Archives, JJ 163, pièce 295 dans Gdf.); 2. 1309 a. flam. beelenghe « lieu où l'on joue, maison de jeu » (Archives, JJ 45, fo34 ro, ibid. : les beelenghes de Flandres); 1364 brelens « id. » (Coutumes Lille, éd. Roisin, Lille, 1842, p. 167, § 26); 3. a) ca 1500 berlant « jeu de hasard » (D'Auton, Chron., Richel. 5081, fo51 rodans Gdf.); b) av. 1615 « jeu de cartes » (E. Pasquier, Recherches de la France, p. 725 dans IGLF Litt. : jeux de dez et de berlans); c) 1690 (Fur. : Berlan se dit aussi quand on a trois cartes de même façon, comme trois Rois, trois as).
        Empr. à l'a. h. all. *Bretling littéralement « petite planche », dimin. de l'a. h. all. bret « planche » et aussi « table de jeu » ; à l'appui de cet étymon, l'arg. all. Brettling « table » ; l'ital. berlengo « table (où l'on prend les repas) » v. berlingot et l'esp. mod. berlinga « jeu de hasard » sont empr. au fr. Un étymon. a.b.frq. *brëdling « table de jeu », *bridling « petite planche » est moins satisfaisant, car il est improbable qu'un terme de jeu ait été introduit par les Francs.

    brequin (mèche d'un vilebrequin)     1. 1627 vilebrequin pour vilebrequin (Marin Mersenne, Traité de l'Harmonie universelle dans IGLF Techn.); 1676 brequin « vilebrequin » (A. Félibien, Des Principes de l'archit., ...,); 2. 1751 « mèche de vilebrequin » (Encyclop. t. 2). Issu par aphérèse de vilebrequin* (A. Thomas dans Romania, t. 26, p. 452; FEW t. 17, p. 584a; EWFS2; REW3, no9541a, pour la forme pic. breké); l'hyp. d'un empr. au néerl. boorkijn, boorken « vrille, petite vrille » (Barb. Misc. 4, 1928-32, p. 19; Boulan, p. 136; Valkh., p. 75) supposerait que brequin n'ait été rapproché de vilebrequin qu'apr. une certaine période d'autonomie, ce qui est infirmé par les premières attest. dont on dispose actuellement.

    bretèche    1155 « élément de fortification » (Wace, Brut, 5554 dans Keller, p. 209b). Du b. lat. brittisca « britannique » attesté dans une glose de 876-77 où il désigne une construction surélevée (Exerpta ex Codice Vaticano dans CGL t. 5, p. 586), attesté dep. 906 au sens de « parapet, élément de fortification » (D. di Bereng. I, no 65, p. 117, dans Nierm. t. 1); bien que cette hyp. ne soit appuyée par aucune source, on suppose que ce type de fortification a été importé de Grande-Bretagne (W. Foerster, Romanische Etymologien dans Z. rom. Philol., t. 6, 1882, p. 113; EWFS2; FEW t. 1, p. 538a) et que britt-isca est issu de britto (v. breton) selon un procédé de dér. assez commun à partir des noms de peuples.
        On signale l'expression français d'bertaque, "mauvais français", dérivé de mette à l'bertèque, "désigner quelqu'un à la moquerie").