• DA

    dalle    1. 1331 norm. « évier » (L. Delisle, Actes norm. de la Chambre des Comptes, 31 ds R. Hist. litt. Fr., t. 9, 1902, p. 469) − 1611, Cotgr., encore en usage en norm. (Moisy, Dum.); 2. 2emoitié xves. fig., fam. « gosier » (Molinet, Faictz et dictz, éd. N. Dupire, II, p. 801, 89); 3. [indirectement attesté en 1319 par son dér. daller*] 1676 « plaque servant à paver le toit d'un édifice » (Félibien Dict., p. 553 ds IGLF). Terme d'orig. norm., prob. empr. (peut-être comme terme de mar., cf. dalot) à l'a. nord. daela « rigole pour l'écoulement des eaux à bord d'un navire »; FEW t. 15, 2, p. 50 b.

    daller    Dér. de dalle*; dés. -er.

    dalot    Dér. de dalle*; suff. -ot*.

    dame    I (digue) empr. d'abord au m. néerl. dam « digue », puis de nouv. au néerl. à la fin du xviies., prob. par l'intermédiaire de Hollandais travaillant dans le nord de la France à l'assèchement de marais. Le terme de fonderie est peut-être empr. à l'all. II (instrument servant à damer) de dame1 (féminin pour monsieur) p. réf. à la forme de cet outil constitué d'un morceau de bois conique qu'on soulève au moyen de deux anses. III (trou pour passer l'aviron)
        orig. obsc. : pour Jal1ce mot remonte au néerl. dam, le terme de mar. étant une extension du sens de « digue » dans la mesure où la cheville fait obstacle au mouvement du câble alors que FEW t. 3, p. 125 b le considère comme une extension de dame1 p. allus. obscène au mouvement de l'aviron entre les deux consoles.

    dariole    1292 (Arch. Nord, B 19587 ds IGLF); 1548 darioles d'Amiens (F. Rabelais, Le Quart Livre, éd. R. Marichal, ch. XI, p. 74). Terme pic., d'orig. obs.; d'apr. Gamillscheg ds Z. rom. Philol., t. 40, 1920, p. 519, serait une altération de *deriole, *doriole dér. du pic. et wallon doré, dorlie (Hécart, Grandg., Haust) « sorte de pâtisserie », part. passé de dorer « enduire une pâtisserie de beurre, d'œuf »; cf. aussi l'a. prov. dariola (Pt Lévy; 1486 ds Pansier t. 3), FEW t. 1, p. 183a, v. aussi id., t. 21, x1, p. 472a.

    daron, ne    [Ca 1250 le Daron petite forteresse, nom de lieu (Assises de Jérusalem ds Historiens des Croisades)]; 1680 « le maître de maison » (Poète anonyme ds Rich.); 1725 daron « maître, père » (Granval, Le Vice puni ou Cartouche ds Sain. Sources Arg. t. 1, p. 331); 1808 « sobriquet que les ouvriers donnent à leurs bourgeois : ce mot signifiait dans le vieux langage un vieillard fin et rusé » (Hautel); 1836 daron de la raille, de la rousse « préfet de police » (Vidocq). Étymol. obsc.; à rattacher d'apr. Esn. à l'a. fr. daru « fort » (Théâtre fr. du Moy. Âge, éd. L. J. N. Monmerqué et Fr. Michel, Un miracle de Saint Ignace) ; plus prob., croisement de baron1* avec l'a. fr. dam « seigneur, maître » (du lat. dominus, cf. dom).
        Allus. obscène à dard. Baronne du dardant. Vénus mère de l'enfant au dard. (Timmermans).
        Donné comme originaire de l'Ouest (1726) par Guiraud.
       On trouve aussi, en argot du peuple, dabuche, dabesse (mère), dauche (mère, père), dabe, dabier (père, maître, roi), dabot (préfet de police). L’étymologie de dabe est incertaine. il est à noter que dam avait au moyen âge la même signification. (Larchey, 1865).