• Atlas sonore des langues régionales de France

      

    Une même fable d'Ésope peut être écoutée et lue en français (en cliquant sur Paris) et dans une centaine de variétés de langues régionales (en cliquant sur les différents points de la carte)

    https://atlas.limsi.fr/

     

    Ce projet est le résultat de la collaboration de deux linguistes, chercheurs au CNRS : Philippe Boula de Mareüil et Albert Rilliard et d'un chercheur en visualisation d'information, Maître de conférences à l'Université Paris-Sud : Frédéric Vernier Tous droits reservés 2017: Laboratoire LIMSI UPR3251 - CNRS

     

    Un vrai régal à écouter et réécouter en picard et dans toutes les langues de France.

    Lille: Ch'vint d'amont pi ch'solel is calaudotte. Chacun i dijot qu'ch'étot li l'pu fort, pi à un momint is ont vu un voéïageur qu'i s'avanchot, infardélé din sin mantiau. Is s'sont mis d'acord qu'echti-là qu'i arivrot el premier à faire dessaker sin mantiau à ch'voéïageur i srot ravisé conme el pu fort. Adon, ech vint d'amont i s'a mis à soufler ed tout sin pu fort, mais au pu qu'i souflot, au pu qu'ech voéïageur i arsérot sin mantiau autour ed li, pi à l'parfin, ech vint d'amont i a arnonché à li faire dessaker. Adon ech solel il a keminché à briller, pi au bout d'un momint ech voéïageur, récaufé, il a arsaké sin mantiau. Ch'est conme cho qu'ech vint d'amont i a dû arconnoite qu'ech solel il étot el pu fort ed tous les deus.

    Amiens: Eche vint d'froèdure é pis ch'solé i s'accreutchoaite, èque chatchun i promettoait qu'ch'étoait li ch'pus fort, pis à un momint vlo qu'i voèyte un voèyageu qu'i s'avinche, intorsillé dins un long mintieu. I se sont intindus qu'èchti qu'arrivroait èl preume à foaire inlver sin mantieu à ch'voèyageu, a sro chtilo qu'o diroait qu'ch'est ch'pus fort. Adonc èche vint d'froèdure il o cminché à souffler tout ch'qu'i povoait, mais à plus qu'a souffloait, à plus qu'éch voèyageu i serroait ch'mantieu autour éde li, pis à l'fin des fins, èche vint il o ernonché à li foaire inlver. A ch'momint lo ch'solé il o cminché à pérouaite pis après un momint èche voèyageu l'étoait rékeufé, pis il o inlvé sin mantieu. A foait qu'èche vint d'froèdure il o té forché d'erconnoaite qu'èche solé l'étoait ch'pu fort des deux.


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  • 30 minuts

    09/11/1997

    34 min.

    Valencians: cosins o germans?

    "Quinze anys després de l'aprovació de l'Estatut d'Autonomia, la llengua continua sent un motiu de fricció; no és només que el valencià estigui en minoria davant del castellà. Cada cop més, la polèmica, segons alguns excessiva, sorgeix per si el que es parla al País Valencià és o no és català. Els defensors de la unitat de la llengua valenciana i catalana són titllats de ""catalanistes"" pels ""blaveros"", defensors del secessionisme lingüístic (Unió Valenciana), i pròxims al PP. Últimament han prosperat algunes lleis contràries al català gràcies a la influència d'UV en el govern autònom. La polèmica, molt dura a València, es viu des d'altres punts del país com una qüestió bàsicament política. Els sociòlegs hi veuen un desig de fugir de la concepció degradada i popular que té en molts casos el valencià, una aproximació clara al castellà i un oblit exprés de la identitat valenciana."


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  • RTR Radiotelevisiun Svizra Rumantscha: un portrait

    Bienvenue à RTR Radiotelevisiun Svizra Rumantscha! Regardez les programmes de Televisiun Rumantscha, écoutez les émissions de Radio Rumantsch, surfez sur le site rtr.ch. Un monde s'ouvre à vous, certes petit, mais entier, beau, nuancé, varié et diversifié. Prenez plaisir à le découvrir.

     


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  • Wuhladko - Das Magazin in sorbischer Sprache Information Wer ist Sorbe und wie entwickelt sich die sorbische Sprache? Darüber haben Experten bei MDR 1 RADIO SACHSEN diskutiert. Außerdem: Die erste sorbische Kita in Dresden.

    Quelle: MITTELDEUTSCHER RUNDFUNK


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  • nom en -inghem/-inghen dans le Nord-Pas-de-Calais (source : http://www.notteghem.fr/genea/onoma.htm)

         J'ai grandi dans une région à la frontière germanique : Le Nord de la France (cf. l'article Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Flandre_française#Contrée_historiquement_bilingue_flamande_et_picarde)

         Sur la frontière virtuelle (ça fait longtemps qu'on a oublié qu'on parlait flamand à quelques kilomètres de Lille), on est habitué (encore) à avoir à prononcer des noms de villes et villages d'origine germanique : Coudekerque-Branche, Houtkerque, Cassel, Poperingue, Wervicq, Hazebrouck, Téteghem, Bergues, Warhem... On le voit la plupart, puisque c'est de cela dont je veux parler, ne pose pas de problèmes de prononciation.

         Certains on même tellement bien été francisés, qu'il faut être de mauvaise foi pour ne pas se faire comprendre : Gravelines (Gravenenga vers 1040, Graveninga en 1097, Grevenigge en 1106, Graveningis en 1127, Gravelenges en 1139, Gravelinghes en 1221 > Grevelingen - du néerlandais graven, "creuser" ou Graoine de gar- (nom de pers.) + win), Saint-Georges-sur-l'Aa (Sint-Joris (aan de Aa) - de Sanctus Georgius), Estaires (Stregriacum, Stegra(s), Segre > Stegers - du néerlandais steg "pont de bois", ou du celte steer "point d'amarrage des bâteaux"), La Gorgue (Guorgue, Guorguen, Gorga, La Gorghe - du flamand goor, "boueux, marécageux" ou "endroit où chute l'eau"), Audruicq (Ouderwich > Ouderwijk - du néerlandais oud, "vieux", et wich, "quartier"), Nieppe (Niepkerc, Nipkerca, Nepeglise, Nepecherche, Niepeglise, Nieppe, Niepe, Neppe > Niepkerke "église de l'orme"), Bourbourg (Brodborghe, Broburg, Broborc, Brucburgh, Brouborgh > Broekburg / Burburg - du néerlandais Broec borc "la cité du marécage" ou "lieu fortifié dans ou près d'un marais")...

         Certains ont été à moitié francisé : Sainte-Marie-Kerque, Saint-Pierre-Brouck, Saint-Jans-Cappel, Vieux-Berquin... A tous le moins dans l'orthographe : Dunkerque, Esquelbecq, Polincove, Zutkerque, Nordausques... A tel point qu'on ne prêtes souvent même plus attention à l'origine germanique.

     

         Mais voilà qu'une nouvelle mode s'installe : mode surtout parmi les journalistes, de Paris encore plus... On a tellement oublié que la région a été (et l'est encore en partie, de moins en moins malheureusement) de langue flamande (voir la carte des toponymes qui en fait foi), tellement oublié, disais-je que, avec tous ces noms bizarres, on ne sait plus les prononcer... enfin, on ne sait pas les prononcer. J'ai en tête trois exemples :

     - Loos, tous près de Lille, que l'on prononce, étonnamment pour certains, [loss] et non [louss], comme Julien Lepers même a pu le faire ;

     - Steenwerck, que l'on prononce sans surprise [stenverk], et non [stinverk], comme je l'ai entendu lors des dernières inondations dans la région en mars 2012. A la limite, on peut entendre une prononciation française [stẽverk]

     - Wingles : last but not least... dans le Pas-de-Calais, donc même pas en Flandre historique, que l'on prononce [Vẽgle] et non [wingels]... comme beaucoup le croient...

     

        On le voit une certaine tendance s'installe : l'anglomanie. Non content d'ignorer l'origine flamande d'une partie de la France, et donc de savoir prononcer le nom correctement, mais pour garder un caractère exotique à ces noms, on les prononce à l'anglaise !!! Mais je me demande bien qu'est-ce qui peut passer dans la tête des gens pour leur faire croire qu'il peut y avoir des petits villages dans le nord de la France qui aurait une origine anglaise ? Non seulement, c'est ignorer l'histoire de cette partie de la France, mais c'est en plus faire affront à nos voisins néerlandophones !

         Le pire est qu'il y a bien quelques villages dont on pense qu'il puisse avoir un lien avec les Saxons : dans le Boulonnais, il y a une petite quantité de villages qui aurait été fondés par des Saxons (mais ça date, hein, dès le IIIe siècle, les Romains disaient pour désigner la région Littus Saxonicum « littoral peuplé et colonisé par les Saxons »), descendu du sud du Danemark (le Holstein ou Holsten en danois) en longeant la côte et avant de traverser la Manche pour coloniser la Britannia. Ces villages ont la particularité de se voir affubler du suffixe -thun ("l'habitation, la ferme-enclos, l'établissement", du germ. *tunaz, *tunan qui donne en allemand Zaun "clôture", en anglais town à l'origine "ville fortifiée" et en néerlandais tuin "jardin" ; En Ecosse, une ferme isolée s'appelle toujours toun, en Islande tun. ) : Baincthun, Landrethun-le-Nord, Offrethun, Alincthun, Landrethun, Audincthun, Pelingthun, Verlincthun... On compte aussi Warneton (commune sur la frontière franco-belge). La colonisation saxone concerne aussi la Normandie (Ronthon, Cottun).

         On pense également que l'élément -bourg dans la toponymie du Nord de la France a été introduit vers le Ve siècle et est d'origine saxonne (Bourbourg, Lisbourg, Richebourg, Bours...). Idem pour le Bessin normand (Ricquebourg, Richebourg, Cherbourg...).

         De même pour le suffixe -ham/-hem ou le préfixe (h)am- (allemand Heim) : Ambleteuse, Drincham Abihen (commune de Lépine), Audrehem, Gonnehem..., peut-être Ames et Amette, Hames-Boucres..., dans le Nord-Pas-de-Calais ; Ouistreham, Étréham, Huppain, Surrain... peut-être Canehan, Grohan..., en Normandie.

        Et aussi le suffixe -wyk (autant germanique que latin, commun à toutes les langues anciennes pour désigner "un village, une colonie", il est spécialement anglo-saxon, en néerlandais - -wijk) : Salperwick (62)(Salperwich, 1096, Salperwic, 1175) = NP germ. Selbericus + lat. vicus ; Austruy, Andruick...

         Quelques villages en Angleterre ont aussi ces suffixes : sous la forme -ton, on peut même trouver des équivalences surprenantes : Alencthun / Allington (Kent), Colincthun / Collington (Sussex), Todincthun / Toddington (Bedford), Frethun / Freton (Norfolk) (mais on trouve aussi des équivalences en France : Audincthun / Audinghen, Baicthun / Bainghen, Florincthun / Floringueselle, Tardincthun / Tardinghen, Warinchtun / Waringueselle...) ; sous la forme -ham : Nossegem (Brabant flamand) / Nottingham (Nottinghamshire), Loppem (Flandre occidentale) / South et North Lopham (Norfolk), Rotherham, Newham... ; sous la forme -bury, -borough, -brough, -burgh : Dewsbury, Bury, Middlesbrough, Edinburgh, Bamburgh, Peterborough ; sous la forme -wich/-wick : Greenwich, Norwich, Ipswich, Nantwich, Alnwick...

     

        Bref, là où il y a du saxon, on pense que c'est français, mais là où c'est flamand, on pense que c'est anglais... Et c'est aux journalistes qu'on laisse le droit de nous informer ?

     

        Mais amusons-nous un peu à deviner comment nos chers journalistes parisiens prononceront et transformeront nos chers villages et villes dans quelques décennies : Boeschepe -> Boy-Shape, Steene -> Stean, Steenvoorde -> Steanword, Hondschoote -> Dogshoot, Les Moëres -> The Moor, Quaëdypre -> Quad-Hyper, Looberghe -> Loo-burg, Strazeele -> Stray-Zeal, , Crochte -> Croch-Tee, Wirwignes -> Wire-Wines, Godewaersvelde -> God-War's Field,Wierre-Effroy -> Wear-Ifroy, la rivière Aa -> the River Aey...

         Je vous laisse deviner pour ceux-ci qui ne nécessiteront même pas une nouvelle orthogaphe dans un siècle ou deux : Oost-Cappel, Loon-Plage, Rexpoëde, Leffrinckoucke, Socx, Wail, Wylder, Hulluch, Leers, Wicres, Wallers, Wemaers-Cappel, Wulverdinghe, Erchin...


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