• FA

    fabliau    Ca 1200 (J. Bodel, Saxons, éd. F. Menzel et E. Stengel, 25); forme pic. reprise par C. Fauchet, Recueil de l'origine de la langue et poésie française, 1581, éd. Janet G. Espiner-Scott, livre 1, chap. VIII, 1. 35, 49, 115 etc.). Dér. de fable*; suff. -eau* (a. fr. -el), fabliau étant la forme pic. de l'a. fr. fablel, fableau (cf. Gdf. Compl. et T.-L. s.v. fablel).

    fagne    Empr. au wallon fanie, fagne « terrain marécageux » (Grandg. t. 2, XXIII; Haust, p. 260); issu de l'a. b. frq. *fanja « boue », plur. gallo-rom. d'un got. fani « id. » (Feist) ; cf. m. néerl. venne « tourbière; terrain bourbeux, marécageux » (Verdam); néerl. venn de même sens. L'a. b. frq. a été de bonne heure latinisé en *fanium, plur. *fania, attesté au viies. dans la toponymie belge (cf. Lebel, § 399), et dans le dér. a. lorr. faignaz « boue, fange » (fin xiie-début xiiies. ds T.-L.).

    faille    1619 mines, wallon faille (Usages suivis à Hornu et à Wasmes ds G. Decamps, Mém. hist. sur l'orig. et le développement de l'industrie houillère). Déverbal de faillir.

    falaise    Ca 1155 faleise « escarpement qui borde la mer » (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 481). Mot norm. à l'origine que le FEW t. 15, 2, p. 104b fait remonter à un germ. *falisa « rocher » avec déplacement d'accent d'apr. les subst. en -ésa (le fr. n'ayant pas de proparoxyton en -esa), et dont le EWFS2 rend compte par le germ. *falisia avec déplacement d'accent de -isia en -isia; cf. lat. médiév. falisia (xe s. Namur « rocher » ds Nierm.). Falise en picard et wallon (cf. ville de Houffalize en Belgique, la Falise, hameau de Rinxent dans le Pas-de-Calais, Pinchefalise, hameau de Boismont en Picardie).
        La distribution du mot falesia est limitée à la Normandie, à la Picardie, à la Champagne-Ardennes et à la Belgique. Il s'agit d'un emprunt au germanique *falisa « rocher », reconstitué d'après le vieux haut allemand felisa > allemand Fels « rocher », apparenté au vieil islandais fjall, fell « montagne ». Dans le cas présent, le déplacement de l'accent tonique est lié à l'attraction des mots terminés par le suffixe -ésa. Le terme est par ailleurs attesté en latin médiéval du nord sous la forme falisia au Xe siècle. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Falaise)

    faluche (béret)    Le 12 juin 1888, des étudiants parisiens sont invités à fêter les 800 ans de l'Université de Bologne en Italie. Cette délégation décida d'arborer une coiffure spécifique pour les étudiants français présents. Elle choisit le béret de velours noir des habitants de la région bolonaise «la faluccia»en souvenir du congrès qui fut, parait-il, magnifique.
        Lors du retour de la délégation à Paris, la Faluche se répand dans toute la France. Son port s'est généralisé dés 1888. À l'origine, elle était portée vierge puis sont apparus le ruban circulaire, les insignes, les rubans…
    http://alej.asso-web.com/27+histoire-de-la-faluche.html?m=3&a=2011

    faquin    1542 facquin « portefaix » (Rabelais, Gargantua, éd. Marty-Laveaux, chap. 2, p. 14); 1558 péj. (Du Bellay, Regrets ds Œuvres, éd. H. Chamard, t. 2, p. 131). Prob. dér., à l'aide du suff. -in*, du m. fr. facque « poche » (compagnons de la facque « voleurs », 2e moitié xve s., G. Chastellain, Chron., éd. Kervyn de Lettenhove, t. V, p. 422) encore attesté dans les dial. et prob. empr. au m. néerl. fac « espace clos, compartiment » (Verdam). L'ital. facchino, bien qu'attesté dep. 1442 (lat. médiév. de Venise fakinus d'apr. DEI), est prob. empr. au fr. car l'ital. n'a pas le mot corresp. à facque; en outre, fr. faquin est prob. antérieur à 1542 : cf. esp. faquin, attesté dep. 1445 et qui lui est empr. (v. Cor.).

    farde, farder (B)    1. Ca 1150 « charge, bagage » (Thèbes, éd. G. Raynaud de Lage, 3382); 2. 1775 « balle de café moka » (C. Niebuhr, Voyage en Arabie..., Amsterdam-Utrecht, 1776-80, t. 1, p. 117 ds Z. rom. Philol. t. 90, p. 462); 3. 1812 en Belgique « dossier, liasse de papiers » (Ph. Delmotte, Essai d'un gloss. wallon ds FEW t. 19, p. 44b, s.v. farda).
    Empr. à l'ar. farda « l'une des deux parties d'une chose, demi-charge d'une bête de somme, fardeau, balle, ballot, gros paquet; la moitié d'une pièce de coton servant de pagne » (Dozy, t. 2, pp. 250-251; v. aussi Devic, Mach. s.v. alfarda, FEW t. 19, pp. 43-47). Au sens 2, réemprunt récent. Selon M. Goosse, Contribution du fr. région de Belgique au fr. universel ds M. Piron, Aspects et profil de la culture romane en Belgique, 1978, pp. 61-62, farde au sens 3 serait un vestige, repoussé dans l'extrême Nord par hardes*, de l'a. fr. fardes « vêtements » (apr. 1170 fardres, Wace, Rou, éd. A. J. Holden III, 1651, var. fardes; ca 1200, en domaine pic., farde « vêtement » ds Renaut de Montauban, 399, 26 ds T.-L.). Cf. l'évolution sém. parallèle de chemise*, jaquette*; la vitalité en wallon et rouchi du type (en)fardeler « envelopper » (cf. FEW t. 19, p. 44a), dér. de fardeau*, paraît aussi pouvoir être invoquée.

    fardeau    1. Ca 1205 fardel « botte d'herbe » (J. Bodel, Congés, éd. P. Ruelle, 168); 2. Début xiiies. « chose pesante » (Reclus de Moilliens, Carité, CLIII, 12, éd. A.-G. van Hamel, p. 82); 3. 1remoitié xiiies. fig. (Hugues Piaucele, D'Estormi ds A. de Montaiglon et G. Raynaud, Rec. de fabliaux, t. 1, p. 207). Dér. de farde*; suff. -eau*.

    faro    Mot wallon faro (Haust), empr. au néerl. faro « sorte de bière » (FEW t. 15, 2, p. 113).
    J. Vercoullie (1925), Beknopt etymologisch woordenboek der Nederlandsche taal :
    - faro 1 m. (bier), in de Synonymia Latino-Teutonica i.v. cerevisia: “flauwe biersoorten: knol, Israël; andere biersoorten: kuite, Pharao”. Dus zinspeling op den strijd tusschen Pharao (z. faro 2) en de Israëlieten. (faro (bière), dans le Synonymia Latino-Teutonica, art. cerevisia : "type de bière plate: knol, Israël; autres types de bières : kuit (bière de blé/froment, l'avoine et l'orge, bière blanche, Weizenbier), Pharao". Allusion au combat entre Pharaon (voir faro 2) et les Israélites.).
    - faro 2 o. (spel), omdat op een der kaarten de Pharao uit de historie van Jozef afgebeeld was. Pharao is uit Bijbellat. id., Gr. id., uit Egypt. per-aa = groot huis (cf. Sublime Porte). (faro (jeu), parce que le pharaon de la carte a été rapproché de l'histoire de Joseph. Pharaon est dérivé du latin biblique, lui-même du grec, lui-même de l'égyptien per-aa : grande maison (cf. Sublime Porte).)

    faséyer, faséier, fasier (battre au vent pour une voile)    Orig. obsc. On admet gén. pour étymon (cf. EWFS2et FEW t. 15, 2, p. 114a) le m. néerl. faselen « se mouvoir violemment », attesté une seule fois par Kiliaen d'apr. Valkh. : faselen, agitare, factitare, liberis operam dare.

    faubert (balai ; favoris (gén. d'un garçon de café))    Mot d'orig. discutée. Un empr. au néerl. zwabber « faubert », satisfaisant pour le sens, fait cependant difficulté du point de vue phonét. L'hyp. de L. Spitzer, reprise par le FEW (de l'a. fr. foubert « sot, niais ») est sémantiquement peu convaincante.
        Norm. faubert, lavette, chiffon à laver la vaisselle ; du holl. zwabber, faubert. (Littré)

    faucard, faucarder, faucardeur    1838 (Ac. Compl. 1842). Forme normanno-picarde de fauchard* « serpette à deux tranchants ». Cf. le verbe lat. médiév. falcare, relevé au sens de « faucarder » dans le Ponthieu en 1201 ds Bambeck Boden, p. 28.

    fauder (plier en double une étoffe de laine dans sa longueur, en sorte que les deux lisières se touchent. Marquer une étoffe avec de la soie, après qu'elle a été corroyée)    FEW XV-2 *falda ; Allem. falten, plier. On retrouve la racine germ. dans fauteuil, de l'a. b. frq. *faldistôl, proprement « siège pliant », cf. l'a. h. all. faldstuol « id. », m. h. all. valtstuol « id. », alld Faltstuhl.