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    frusques    1. 1790 sing. frusque subst. masc. « habit » (Le Rat du Châtelet, 14) [subst. masc. jusqu'en 1845 d'apr. Esn.]; 2. 1800 plur. frusques « vêtements » (P. Leclair, Hist. brig. et assass. Orgères, p. 134); 1867 fém. frusques boulinées (Delvau). Dér. régr. de frusquin*, le mot frusques a dû être influencé en genre et en nombre par hardes, nippes ou peut-être il est devenu fém. à cause de la finale en e (v. Dauzat Ling. fr., p. 38, 39). 

    frusquin    1. 1628 frusquin « habit, hardes » (O. Chéreau, Le Jargon ou Lang. de l'arg. réformé, p. 13, 29); 2. ca 1710 « bien, avoir » (Senecé, Serpent mangeur de kaïmac ds DG); 3. 1740 saint frusquin « bien, avoir » (Caylus, Œuvres badines, t. 10, p. 59). Mot d'arg. d'orig. inc. (FEW t. 21, p. 508). L'expr. saint frusquin a été formée suivant un procédé pop., cf. saint crépin* « les outils du cordonnier ».
    fur    1. Ca 1160 fig. a nul fuer « à aucun prix, en aucune façon » (Eneas, éd. J.-J. Salverda de Grave, 9153); 1160-74 fuer « prix, taux » (Wace, Rou, éd. A.-J. Holden, III, 2150); xives. fur (Lois et coutumes de la ville de Marchiennes, Arch. mun. Lille BBI, 2777 ds Gdf.) répertorié par la lexicogr. comme mot indépendant jusqu'au xviiies. : cf. Trév. 1704-71, s.v. feurre; attesté surtout dans les loc. al fuer de « au prix de, au taux de » 1160-74 Wace, Rou, III, 2174 − xviiies. : 1762 Pothier, Contrat de vente, no378 ds Gdf. et DG, au fuer que « au prix que » (Vair Palefroy ds Barbazan et Méon, Recueil de fabliaux, t. 1, p. 165), d'où 2. ca 1306 au feur que « à mesure que, de la façon que » (G. Guiart, Royaux Lignages, éd. Wailly et Delisle, 14769); 2emoitié xives. au fuer « à proportion » (Chron. de S.-Den., Richel. 2813, fo430bds Gdf.); 1561 au fur (Pillot, Gall. ling. inst., p. 240, ibid.); 1606 au feur de « en proportion de » (Nicot); 1611 au fur de (Cotgr.); 1690 au fur et à mesure que (Fur.). Fur développement particulier de la forme plus anc. fuer, feur, issue du lat. class. forum « place publique, marché », d'où « opérations qui se font au marché », attesté     en lat. médiév. au sens de « prix » (744 ds Nierm.). Le renforcement de la loc. au fur par à mesure s'est fait, lorsque, le mot fur, n'étant plus compris, on a senti le besoin d'en préciser le sens par une loc. synonyme.

    furol(l)e (feu follet)    Mot normanno-picard (cf. FEW t. 15, 2, p. 186 b) issu d'une lang. germ.; s'il est prouvé que le rad. en -u- est plus anc. que celui en -ui-, on partira de l'a. angl. fyr « feu » (MED), m. angl. fir, fur « id. » (ibid.) ou de l'a. nord. fýrr « feu », fúrr « id. » (De Vries) et on considérera les formes en -ui- (1549 Est.-1771 Trév., s.v. fourolle) comme des altérations d'apr. fuir. Dans l'autre hyp., l'orig. est l'anc. frq. fūir « feu »; cf. a. h. all. fiur, fuir « id. » (Graff t. 3, col. 674-675), all. Feuer « id. » mais l'apparition tardive du mot fait difficulté et le passage de -ui- à -u- ne se laisse pas facilement expliquer (infl. de furie, furet?); suff. -ole*, -olle.