• GE > GI

    gecko    Empr. au lat. scient. gecko (1747, ibid.), gekko (1734, ibid.) remontant au néerl. (Gecco 1631, ibid., p. 40), prob. d'orig. onomatopéique, dont il est difficile de décider si elle est néerl. (ibid., p. 41) ou malaise (gekop ds FEW t. 20, p. 95a).
    P.A.F. van Veen en N. van der Sijs (1997), Van Dale Etymologisch woordenboek : gekko [hagedis] {1724} vermoedelijk te verbinden met atjehs gèh-gòh [druk in de weer]. (gecko [lézard] {1724} probablement à rapprocher à l'aceh (ou achinais, langue de Sumatra), gèh-gòh [pression atmosphérique]).

    genièvre     Du lat. class. juniperus « genévrier » devenu *jeniperus (cf. b. lat. ziniperus, lat. des gl. giniperus CGL 535, 21, geniperus, id. 607, 9 ds TLL s.v., 662, 44-46). DEAF 470, reprenant l'hyp. de J. Brüch ds Z. fr. Spr. Lit. t. 54, p. 341 sqq. (v. aussi Fouché, p. 426), explique le changement de ju- en je- par palatalisation, sous l'infl. de j-, de la voyelle atone, puis dissimilation par rapport à -i- accentué. La forme genièvre pourrait s'expliquer p. anal. entre genévrier/genièvre et des groupes tels que lévrier/lièvre, FEW t. 5, p. 76a; v. aussi Fouché, p. 281.
    Salverda de Grave (Les mots dialectaux en néerlandais, in Romania XXX, 1901, p.82) pense à un développement dialectal (picard ou wallon) que le français aurait emprunté.

     

    gibelet (foret utilisé pour percer les barriques)    Adaptation région., couvrant tout l'Ouest de la Gallo-Romania de la Normandie à la Gascogne, de wimbelquin, anc. forme de vilebrequin* par substitution de l'initiale gu- au w- et du suff. dimin. -et* au suff. dimin. néerl. -kijn. Le passage de gu- à g- [ʒ], peut-être lié au passage du mot dans la lang. gén. (cf. Fur., s.v. gibelet « dans les provinces on dit guimbelet » et FEW t. 17, p. 584), reste obscur (l'explication du FEW t. 17, p. 585a vaudrait pour ga- > ja-, nullement pour gui- > gi-; on pourrait évoquer l'infl. de gicler, le gibelet fait gicler le vin).
        Gibelet paraît être un diminutif de l'ancien français gibe (serpe, faucille à long manche ; du lat. gibbus), qui a signifié entre autres une sorte de ferrement. Quant au normand vimblet, tarière ; angl. gimblet ; bas-breton gwimelet, foret ; irl. gimeleid ; gaélique, gimleid ; ces mots, dont le sens est commun, sont ici réunis, sans savoir s'ils tiennent les uns aux autres et à gibelet. (Littré)

    gifle    Mot d'orig. dial. (picard, wallon, v. FEW t. 16, p. 321a et b), de l'a. b. frq. *kifel « mâchoire » (cf. m. h. all. kifel, all. Kiefer, de même sens). La forme secondaire gifle est due à l'infl. de mots tels que souffler, gonfler, joufflu, moufle. Le sens 2 est dû à la valeur péj. qu'avait le mot dès l'a. fr. (cf. aussi giffles « oreillons » ds Trév. 1743 et le nom propre Gifflart, proprement « hommes aux grosses joues », 1649, L. Richer, L'Ovide bouffon, I, 39-40 ds Quem. DDL t. 7).

    gin    Empr. à l'angl.gin, abrév. de geneva désignant d'abord (début xviiies., cf. NED) une boisson hollandaise et empr. au néerl. genever, jenever, lui-même apparenté à l'a. fr. genevre (v. genièvre; De Vries Nederl.).

    giries    Prob. dér. du rad. du lat. girare, v. girer; suff. -ie* (FEW t. 4, p. 358c); l'hyp. de FEW t. 24, p. 207 qui fait dériver giries de gille1*, et donne comme 1resattest. du mot les formes gileries (av. 1799, Beaumarchais, Réponse ingénue ds Œuvres, Paris-Collin, 1809, t. 4, p. 213), gillerie (Boiste 1823) « sottise », ne rend pas compte du sémantisme de giries « manière détournée, hypocrite d'agir ». Girie, donné comme d'origine normanno-picarde (1790) par Guiraud. Cf. girouette.

    girouette    1. 1160-74 a. norm. wirewire « girouette » (Wace, Rou, éd. A. J. Holden, III, 6451 [var. wirewite]); 2. 1501 gyrouete « id. » (J. d'Auton, Chroniques de Louis XII, éd. R. de Maulde La Clavière, t. 2, p. 128); 3. 1640 fig. « personne qui change souvent d'opinion » (Oudin Curiositez). De l'a. nord. ved̄rviti « girouette », cf. les var. des ms. B et C du Rou de Wace, wirewite (ms. de la fin du xiiies.), werenute (ms. de la fin du xives.) qui s'accordent bien avec cette étymol. 1 est due à un redoublement expressif de la 1resyllabe. La forme mod. est issue d'un croisement avec le verbe girer (v. girolle) et des mots tels que rouette*, pirouette* (cf. aussi la forme masc. girouet, 1487 ds Gay, qui s'explique de même par rouet*, pirouet*, v. pirouette).