• GRE

    gréer    Mot venu de l'Ouest, où il a développé les sens plus généraux de « mettre en état » et de « pourvoir de vêtements » (FEW t. 16, p. 55), empr. de l'a. nord. greida « équiper, arranger » (De Vries Anord.), cf. m. néerl. gereiden « id. », m. h. all. gereiden « id »; le préf. a- (1 et 2a) s'explique sans doute par l'infl. de verbes fr. tels que abiller « préparer, apprêter » (v. habiller). Agréer, ainsi que les autres mots mar. de cette famille à l'exception d'agrès*, ont été remplacés par une forme simple sans doute pour éviter l'homon. avec agréer* « trouver à son gré ». Cf. agrès.
        Néerl. gereide, gerei, appareil ; allem. gereiten, préparer ; mots dérivés d'un radical red ou reit, qui signifie disposer. (Littré).
        Origine scandinave pour Henriette Walter.

    gredin, gredot, guerdin    Empr. au m. néerl.gredich « avide » avec francisation de la fin du mot; cf. les var. région. Villefr. gredan « gredin », Centr. gueurdaud « mendiant », berr. gredot « vagabond » (v. FEW t. 16, p. 54a et b).
        Bourg. guerdin ; lorrain, gordin ; du germanique : anc. scand. grâd, faim ; goth. grêdus ; angl. greed. Comp. l'ital. gretto, avarice, qui vient du moyen haut all. grit, avidité. (Littré)

    grelin (cordage)    Dér. de grêle* (adj.) à cause de la minceur de ce type de cordage, cf. archigrelin « cordage composé de plusieurs grelins » (Encyclop. 1751-Encyclop. méthod., Mar. 1783); suff. -in.*. Ou empr. au néerl. 1634, greling, que l'on fait parfois remonter lui-même au français grelin (Valkhoff, p.151).

    grésiller (tomber du grésille, et égrillard)    Ca 1130 gresilher (Vers del juise, 238 ds T.-L.). Empr. au m. néerl. grîselen, attesté au sens de « frissonner », cf. aussi le rhénan griseln « tomber (en parlant du grésil); frissonner », (J. Müller, Rheinisches Wörterbuch, t. 2, col. 1417). Le suff. -elen du mot néerl. a été rendu par -iller* lors de l'empr., le -r- du rad. se dissimilant ensuite en -e-.

    grésiller (faire un bruit de graillon)    Altération, prob. d'apr. grésiller1*, du m. fr. gredillier, forme dial. norm. de griller1* dont le -d- demeure inexpliqué (ca 1393 gredelie part. passé fém. « ridée, à demi grillée par la chaleur », Ménagier ds T.-L.; 1538 grediller « friser (les cheveux) au fer chaud », Est., s.v. focale; ca 1540 « rôtir sur un gril », Recueil général des sotties, éd. E. Picot, t. 3, p. 106). Au sens 3, prob. extension du sens 2, plutôt que dér. de grésillement « bruit de certains insectes » (FEW t. 4, p. 269a); cf. aussi dès 1863 grésiller employé en parlant de l'alouette (Fabre, J. Savignac, p. 29). Cf. graillon.