• LI

    lie (vieux mot qui signifie joyeux, usité seulement dans cette locution : faire chère lie, faire bonne chère avec gaieté. FROISS., Ball. B., c.1362-1377, 10 On doit faire lie chiere Par raison as dolereus, (J'en prise bien le maniere) Et l'aumosne as amoureus, Car on perchoit bien entre eus Li quel sont liet en parler, Les quels il faut arester Souvent en un pas de voie, Ou il n'ont solas ne joie ; LA FONT., Fabl. III, 17 Là, vivant à discrétion, La galande fit chère lie)    Provenç. lat, joyeux ; espagn. ledo ; ital. lieto ; du lat. laetus. Dans l'ancien français, lié au masculin, et lie au féminin signifie joyeux : faire chère lie, c'est faire une mine joyeuse, une bonne mine, un bon accueil ; puis le sens s'est dévié en bonne chère, la bonne chère étant un genre de bon accueil (Littré)
        LIE, adj., gai, joyeux; ne s emploie plus que dans l'expression faire chère lie, du L. laetus, letus, d'où régulièrement it. lieto, prov. letz, v.cat. let, esp. port. ledo, vfr. lié, liez, fem. liée et lie. D. liesse, L. laetitia. (Scheler).
        liesse    Du lat. laetitia « allégresse, joie débordante et collective ». La forme liesse est due à l'infl. de l'adj. lié « joyeux » (fin xes. ds T.-L. et Gdf.), lat. laetus, qui ne survit que dans la locution chère lie (chère*), lie étant une contraction de liée, d'origine picarde.

    lingue (poisson)    Empr. au néerl. leng, de même sens, dér. de lang « long », ou à une autre lang. germ. Dans la 1re attest., le mot est prob. empr. à l'angl. ling, de même sens.

    linguet (petit crochet pivotant retenant une pièce, le cabestan)    Orig. incertaine. Soit issu par aphérèse de élinguet (attesté en 1691 chez Ozanam, p. 285), dér. de élingue* (de l'a. b. frq. *slinga « fronde »), peut-être par l'intermédiaire du verbe élinguer au sens de « entourer d'une élingue pour hisser » ; soit, moins prob., issu par agglutination de l'art., de hinguet (attesté en 1678 chez Guillet, mais qui se trouve peut-être déjà en 1507 dans la région d'Amiens au sens de « viscères de porc »), empr. au m. néerl. hengel « crochet ».

    lippe    Ca 1195 lipe « lèvre inférieure épaisse et proéminente » (Ambroise, Guerre sainte, 2508 ds T.-L.); ca 1205 faire la lipe « faire la moue » (Renart, éd. E. Martin, XVII, 529). Empr. au m. néerl. lippe « lèvre »; le mot s'est répandu dans la plus grande partie du domaine gallo-roman.
    lippe    lèvre grosse et pendante : de lippe (lèvre en général). Ca 1195 lipe « lèvre inférieure épaisse et proéminente » (Ambroise, Guerre sainte, 2508 ds T.-L.); ca 1205 faire la lipe « faire la moue » (Renart, éd. E. Martin, XVII, 529). Empr. au m. néerl. lippe « lèvre »; le mot s'est répandu dans la plus grande partie du domaine gallo-roman. Cf. moue

    liquet / liquette (poire âcre bonne à cuire, aussi dit (de) la vallée)    Au moyen âge les populations normandes trouvaient ses fruits vraiment bons, qu'elles les surnommèrent poires de Liquet, des anciens termes liqueux, liguée, signifiant encore, en patois du pays : gourmand, gourmandise. (André Leroy, Dictionnaire de pomologie, 1869). Même origine que lêquer, "lêcher".

    litorne    1555 (Belon, Histoire de la nature des oyseaux, p. 328). Mot essentiellement attesté en norm. et en pic. Même mot que le pic. lutrone « id. », lui-même issu du m. néerl. leuteren, loteren « hésiter, tarder »; cf. le néerl. leuteren « branler; bavarder; lambiner », cet oiseau ayant la réputation, d'être lent, indolent, cf. en outre, en pic. lutron « lambin, musard » et lutronner « s'amuser à des riens » de même orig. (cf. FEW t. 16, p. 464a). Losturgne attesté en wallon vers 1320 (Watriquet de Couvin, Dits, éd. A. Scheler, p. 233, 73), est vraisemblablement une forme altérée de litorne/lutrone.

    livarde    I (corderie) orig. obsc., peut-être de livarde II, mais cette hyp. fait difficulté tant du point de vue sém. (l'un étant attesté en corderie, l'autre en mar.) que du point de vue chronol. (le 1erétant vivant dès la seconde moitié du xviii es., tandis que le 2e, excepté les attest. de 1773 et de 1797 (cf. supra), est rare av. la seconde moitié du xixes.). II (espar) prob., et malgré le FEW t. 23, p. 97a qui classe ce mot parmi les matériaux d'orig. inc., de l'adv. néerl. lijwaarts « sous le vent ». Essentiellement attesté dans le syntagme lijwaarts zeil « voile sous le vent », ce mot a été pris pour un adj. Le fr. livarde serait donc une substantivation de l'adj. livarde (s. -ent. voile) v. FEW t. 16, p. 465a.