• MA > MAN

    macler    Orig. obsc. Peut-être empr. au m. holl. *maschelen, dimin. de maschen «mélanger, mêler» (de l'a. b.  frq. *mascan «id., remuer»; cf. le m. b. all. mâschen); cf. aux xvieet xviies., le holl. et le flam. misschelen (de  misschen) et le m. holl. menghelen «id.», du holl. menghen. Cf. Barb. Misc. 14, p. 104.

    maclotte (B)(contre-danse)    Mot wallon (Ardenne, Hesbaye), attesté en 1780 (sous les formes maclote et mat(e)lote) par le poète liégeois J. J. Hanson (cf. Piron ds Mél. Bruneau, p. 202); issu par altération du fr. matelote «id.» (v. ce mot), lui-même dér. de matelot*, cette danse étant pratiquée surtout par les matelots (cf. FEW t. 16, p. 543b; Piron, loc. cit. et Haust, s.v. makelote).

    macquer (Briser les tiges de chanvre et de lin avec une macque pour séparer la filasse et la chènevotte) et macquage    Var. dial. picarde de mâcher. Cf. mâquer.

    macreuse (canard ; épaule du boeuf)    Altération, par substitution de suff., du norm. macrolle «foulque noire» (vers 1300 [date du ms.], Caresme et Charnage, éd. G. Lozinski, p. 181, 7), macroule «diable de mer» (1555, Belon ds Gdf.). Macrolle est prob. empr., malgré la date tardive des attest. en germ. par rapport à celles du gallo-roman, soit du frison markol «poule d'eau» (xviies. ds FEW t. 16, p. 525b), soit du néerl. septentrional meerkol, var. de meerkot (de la même famille que l'angl. coot: 1382 ds NED). La forme macr- au lieu de marc-, s'explique par le déplacement du r à l'intérieur du mot (cf. aussi 1554, marquerolle ds Poppe, p. 49). Comme terme de bouch., prob. p. compar. avec la macreuse, admise au xviies. parmi les aliments autorisés les jours d'abstinence (v. Bl.-W.1-5).

    maelstrom     Emploi comme nom commun de Maelstrom, nom d'un tourbillon situé près de la côte  norvégienne (1765, Encyclop.), empr. au holl. Maelstrom «id.» (1595 ds NED), lui-même composé de mal- (var.  du holl. wall «tourbillon» et de strøm «courant» (cf. Falk-Torp et Hellquist, Svensk etymologisk Ordbok, s.v.  malströmmen).

    mafflu, ue       (du néerl. par un dialecte du Nord) Issu, par substitution de suff., de maflé «id.» (1666, [éd.] Furetière, Roman bourgeois, 287), part. passé de mafler «manger beaucoup» (1642, Oudin, Seconde part. des Recherches ital. et françoises) lui-même empr. au néerl. maffelen «remuer les mâchoires, mâchonner». Cf. galimafrée, camouflet
        On le lit aussi chez la Fontaine (La Belette entrée dans un grenier)

    maguette (Nord)    du flamand maagde et geyte, vierge, pucelle, chèvre, d’où chèvre qui n’a pas encore eu de portée.
        maguète     de marguète, du lat. class. capra, fém. de caper « bouc » > gade et préfixe mar- (Jouancoux). Gate  viendrait du flamand geyte, chèvre.

    maheutre, mahoître    Orig. inc. Il est difficile d'admettre, comme le fait G. Alessio ds R. Ling. rom. t. 17, 1950, pp. 185-186, un lat. *omo-osteum, gr. ὠμο-όστεον «os de l'épaule», qui aurait donné *mouistre en fr., le mot apparaissant d'abord en agn. et en pic. (FEW t. 21, p. 306a).

    maise (enclos, terrain entourant une habitation, un bâtiment)    du lat. mansus
    maizee (Assemblée (ici, de tous ceux, échevins, conseillers et autres qui assistent le maire de Rouen dans la gestion de la commune))

    maïeur, mayeur (B)    terme utilisé pour désigner familièrement le bourgmestre en Wallonie, 1160-74 major, maior «officier domanial (ou peut-être magistrat urbain)» (Wace, Rou, éd. J. Holden, II, 759 et 2310); 1225 maor (Cart. du Val St Lambert, Richel. 10176, fol. 5b ds Gdf.). Substantivation de l'adj. a. fr. maior «plus grand» (fin xes., Passion, éd. D'Arco S. Avalle, 183), cas régime de l'adj. maire, v. ce mot, représentant de l'acc. majorem, compar. de l'adj. lat. magnus «grand», v. aussi majeur et major.

    malard (canard mâle)    1174-77 (Renart, éd. M. Roques, IIIa, 4071). Dér. de mâle*; suff. -ard*. (FEW t. 6,1, p. 426a).

    manne    1. 1467 «grand panier d'osier» (Statuts des tourneurs ap. R. de Lespinasse, Les Métiers et corporations de la ville de Paris, t. 2, p.683: corbeilles et corbillons, picotins, paniers à vendengier, mannes et mannequins); 2. 1680 manne d'enfant «berceau d'osier» (Rich.). Empr. au m. néerl. manne «panier», var. de mande, qui avait été empr. par l'a. fr. (1202 mande «panier» ds Gdf.) et qui s'est maintenu en wallon et en pic. (FEW t. 16, p. 510).

    mannette (Mine. Petite manne)    De manne2, suff. -ette v. -et. Cf. mannequin.

    mannequin    1. Ca 1450 «figurine» (Archives du Nord, B 3501, no 123745, fo 18 ds IGLF); 2. 1671 «statue articulée, à laquelle on peut donner diverses attitudes» (Pomey); 3. 1797 «homme sans caractère que l'on mène comme on veut» (Chateaubr., Essai Révol., t. 2, p. 38); 4. 1806 «moulage, armature servant de modèle pour la confection de vêtements» (Delille, Imag., t. 1, p. 157); 5. a) 1814 «présentateur de mode masculine» (E. F. Bazot, Nouv. parisiennes, I, 215 [Déterville] ds Quem. DDL t. 20); b) 1865 «jeune femme employée par un couturier pour la présentation des modèles de confection» (Goncourt, Journal, p. 207); 6. 1832 «figure imitant grossièrement un être humain» (Hugo, N.-D. Paris, p. 107). Empr. au m. néerl. mannekijn «petit homme» (le fr. l'a également empr. dans ce sens: 3e quart du xve s., Jean Molinet, Le Naufrage de la pucelle, 2e partie ds N. Dupire, Jean Molinet, p. 252), également «petite poupée».

    manoeuvre    2. 1248 «opération impliquant le mouvement de la main» ici «corvée manuelle» manuevres (Réglem. des droits de la ville d'Aumes, Cart. blanc de Corbie, Richel. 1. 17759, fo 74 ro ds Gdf.); 1309 maneuvre d'homme «travail manuel» (Charte, Reg. 5o, Chartoph. reg. ch. 35 ds Du Cange t. 5, p. 225b).
        Du lat. pop. manuopera, littéralement «travail fait avec la main», formé du lat. manū, ablatif de manus «main» et de opera «activité», dér. de opus, operis «oeuvre, ouvrage». Manuopera se rencontre au sens de «corvée» dans un Capitulaire de Charlemagne (ca 800).
        eerder al maneuvre ‘handarbeid’ [1309; TLF], Picardisch manuevre ‘karwei met de hand’ [1248; TLF], en Provençaals manevre ‘arbeid’

    manoque, manoquer    1. 1679 «bottillon de tabac en feuilles» (Liger, Nouv. Mais. Rustique, I, 632 ds Delb. Notes mss: Quand il est sec, on met toutes les feuilles ensemble en paquets qu'on appelle magnotes ou manoques); 2. p. anal. 1831 mar. (Will.). Mot dial. pic. où la culture du tabac était très répandue, dimin. de main (FEW t. 6, p. 289a).

    manoqueux (pédant ou paresseux)    de mannekijn, mannequin en français ou de manoque.