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    maquée (B)(caillebotte, fromage blanc et mou ; séré en Suisse romande ; Quark en allemand ; tvarog pour les Slaves)    1741 maquaye (doc. ap. L. Remacle, Notaires de Malmedy, Spa et Verviers, 1977, p. 165a); 1781 macquee (doc., ibid.). Mot wallon, part. passé subst. de maken «frapper, presser» (b. lat. *maccare, v. mâcher2et macquer), littéralement «(masse) pressée ou pressurée», v. Haust; FEW t. 6, 1, pp. 72-73. Cf. estoffée.

    mâquer (manger)    Forme normanno-picarde de mâcher (masquier xiiies. ds T.-L.) att. au sens de «manger» (p. ext. du sens de «mastiquer») dep. la fin du xvies. (1577 G. Meurier, Trésor des Sentences ds Le Livre des proverbes fr., éd. Le Roux de Lincy, t. 2, p. 257). Cf. macquer.

    maquereau, -elle, mac, maquereauter, maquereller, maquer    1269-78 makerele «tenancière de maison close» (Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 10066); 1269-78 maquereaus «homme qui vit de la prostitution des femmes» (Id., ibid., 11706). Empr. au m. néerl. makelare «intermédiaire, courtier» (également att. en Flandre et en pic. dans des textes fr.: fin du xiiie s. ap. G. Espinas, H. Pirenne, Recueil de doc. relatifs à l'hist. de l'industr. drapière en Flandre, t. 3, p. 234; fin du xiiie s. ap. A. Giry, Hist. de la ville de Saint-Omer, p. 503, 526); le m. néerl. makelare est dér. de makeln «trafiquer», lui-même dér. de maken «faire».

    maquiller     (néerl. par le picard) Terme arg. pic., dér. à l'aide du suff. -iller*, de l'a. verbe pic. maquier «faire» (2 attest. en Artois au mil. du xiiie s. ds T.-L., v. aussi FEW t. 16, p. 505a), lui-même empr. au m. néerl. maken «faire»; id. en néerl.

    maquignon    Prob. issu de maquereau2* «courtier», avec substitution de suff. sous l'infl. de barguigner* (FEW t. 16, p. 504). Ou du néerlandais makelen (trafiquer). (wiktionnaire).
        Marchand de chevaux. J. B. ROUSS., Épigr. I, 24 Un maquignon de la ville du Mans Chez son évêque était venu conclure Certain marché de chevaux bas-normands.
        Maquignon paraît avoir le même radical (maq) que maquereau 2, et tenir au flamand maeken, trafiquer. On a dit aussi macquillon : Les estreines universelles de Tabarin, édit. des Joyeusetez, p. 5, dans FR. MICHEL, Argot Aux macquillons [je donne] les chevaux de poste du mont de la Bouille de Pontaudemer avec les asnes d'Arcadie. (Littré).

    maraud    Mot d'orig. discutée. D'apr. FEW t. 6, 1, p. 361b et 362a, il s'agirait d'un emploi métaphorique de maraud, nom du matou dans les dial. du centre et de l'ouest de la France qui aurait pris le sens de «vagabond, mendiant». Maraud serait formé du rad. onomatopéique mar(m)- qui imite le ronron des chats ou le miaulement des chats en rut (marmonner*, marlou*) et du suff. péj. -aud*. C. Schmitt (Französisch maraud, marauder, maraudise ds Mél. Gossen, t. 2, 1976, pp. 865-873) propose de rattacher le mot au lat. marra «sorte de houe» (marre1*). Cette hyp. paraît convaincante étant donné que maraudise signifie «acte, travail de paysan (sens obscène)» (2e moitié xiiie s., Gautier Le Leu, 252, 29 ds T.-L.) et que marault est att. au sens de «artisan qui travaille le bois et qui fabrique des coffrets» (Charles de Bovelles, Liber de differentia vulgarium linguarum et Gallici sermonis varietate, p. 76, s.v. queste; cf. aussi marreux «ouvrier qui travaille avec la marre» att. en 1463 Arch. JJ 109, pièce 174 ds Gdf.). La valeur péj. qu'a pris marault au xve s. est peut-être due au fait que les personnes exerçant cette activité menaient une vie errante, ce qui ne leur attirait guère la sympathie de leurs contemporains. Cf. Maronner

    marcassin    1496 marquesin zool. (Lille, ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens ds Gdf. Compl.); 1549 marcassin (Est.). Prob. dér. de marque*, les marcassins portant des raies sur le corps. La finale pourrait venir de bécassin et agassin, bécassin «petite bécassine» étant compris comme l'«oiseau au long bec» (v. G. Tilander ds Romania t. 63, 1937, pp. 494-506).  Donné comme d'origine picarde par H.Walter.

    mare    De l'a. nord. marr masc. «mer; lac», cf. l'a. sax. meri fém., l'a. h. all. meri masc. et neutre, l'all. Meer, l'ags. mere masc. et fém. «marécage; lac»; le genre fém. peut venir de l'ags. Cette étymol. est soutenue par le FEW t. 16, pp. 533-534, qui souligne l'importance des attest. de mare à époque anc. en norm. et en anglo-normand.

    marécage    Dér. norm. ou pic. de maresc (v. marais); suff. -age*; cf. mareschage adj. «marécageux» (1213 ds Romania t. 65, 1939, p. 495; v. encore T.-L.).

    margaille (B)(dispute)    Mot wallon liégeois d'orig. incertaine. Peut-être dér. du m. néerl. marg(h)elen «enduire de marne», qui a dû prendre dans les différents dial. le sens de «souiller»; cf. le frison margeln «souiller», v. FEW t. 16, p. 516b. On note plus anciennement les sens de «péronnelle» (1812, Delmotte, Essai d'un glossaire wallon), «gourgandine» (1845, Simonin d'apr. Grandg. t. 2, 1, 1850, p. 82) et «mauvaise viande» (1880, ibid., t. 2, 2, p. 542), ce qui amène Haust, p. 391 puis Goosse, loc. cit. à rattacher margaye, pour lequel on suppose un sens propre «gâchis», à margouiller «souiller, salir; gâcher», margouillis* «gâchis», mais le FEW, loc. cit. écarte cette hypothèse et distingue deux étymons.

    marlou     Orig. incertaine; selon Cellard-Rey emploi fig. d'une var. de merle* avec une finale tirée de filou*. Le merle a une réputation d'habileté (cf. l'expr. fin, rusé comme un merle, v. p. ex. Roll. Faune t. 2, p. 248) que l'on retrouve dans les premières attest. du mot, d'autre part le nom du merle entre dans des expr. à connotations péj. beau merle «homme niais»; vilain merle «homme désagréable», marle «gars de peu de valeur» (régions de l'Ouest) (v. FEW t.6, 2, p.36 pour marle); l'hyp. d'un emploi fig. de marlou, marou «matou», d'orig. onomatopéique, rad. -mar(m) «qui imite le miaulement du chat», répandu dans les parlers du Nord, avec influence phonét. de loup*, v. marloup «loup-garou», forme dial. rencontrée dans le Centre (v. FEW t. 5, p. 459a et t. 6, 1, p.360b) est moins satisfaisante.
        Au Canada, on a marcou, "chat mâle".

    maronne (pantalon)    Le dictionnaire wallon-français (de Martin Loubet, 1854) a maronn et renvoi à marann (grosse toile grise que les mineurs, les briqueteurs mettent pour travailler). Grandgagnage le rapproche du bourguignon mareneire de maronière, qui signifie marinière, vêtement de marin.
        Chez Godefroy, on trouve marinier / maronier / mairenier (marin), mariner / maronner (faire le métier de marin). mairenerie ; maronne "pantalon", déjà en 1568.
        Le Dictionnaire walon-françois de Cambresier (1787) recense maronne : gregue, s.f. Espèce de haut-de-chausses, il est vieux, on ne le dit plus qu'au pluriel & quand quelques phrases proverbiales.
        A Ath, la Ducasse débute le vendredi avec le brûlage de la maronne du géant Goliath (depuis 1987) (La ducasse d'Ath est inscrite depuis 2008 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l'UNESCO, après sa proclamation en 2005, comme élément des Géants et dragons processionnels de Belgique et de France).
        expression wallonne : siketer s' dierinne marone (risquer sa dernière chance) que l'on retrouve dans Lolotte, du chansonnier carolo Jacques Bertrand, un des hymnes des étudiants de l'UCL (Université catholique de Louvain) : Mins dje sketterais jusqu'à m'dérenne maronne, / Pou m'apougnî avou s'mâme èyè s'pa. (Mais quand bien même je devrais y laisser ma dernière culotte / Pour en découdre avec son père et sa mère).

    maronner    (exprimer un mécontentement)    Mot dial. des parlers du Nord et de l'Ouest signifiant «miauler, grogner, murmurer» (v. FEW t. 6, 1, p.360a), dér. du rad. onomatopéique mar(m)-, (v. maraud, marmonner).

    marque    Au sens de «signe», on trouve en a. fr. les subst. merc, masc. et merque, fém. (v. Gdf. et T.-L.), déjà merc «limite» en agn., norm. et pic. (v. amers), empr. à l'a. scand. merki «marque»; cf. a. h. all. merken, all. marken «marquer, remarquer». Comme terme de sports le mot est empr. à l'angl. mark (1887)

    marquer    Var. de l'anc. verbe agn., norm. puis pic. merchier «faire une marque (sur un objet) pour le distinguer d'un autre» (1121-34, Philippe de Thaon, Bestiaire, 1994 ds T.-L.; encore en usage jusqu'au xvie s., cf. FEW t. 16, p.550b); dér. du subst. merc (v. marque). La forme avec a est prob. due à l'infl. de marcher* au sens de «fouler aux pieds, presser» ou peut-être aussi à l'infl. de l'ital. marcare «marquer» (xiiie s. ds Batt.), dér. de marca «marque» qui remonte au germ. *marka «id.»; cf. all. Marke «id.» et dont le prototype est à la base du verbe germ. *markôn. Comme terme de sports marquer est empr. à l'angl. to mark (le sens de «empêcher (un adversaire) d'agir» est déjà att. en 1887, en angl.; v. NED).  Cf. remarquer

    marsouin    Prob. empr. au danois ou au suédois marsvin «marsouin», peut-être par l'intermédiaire du m. néerl. meerswijn «id.», littéralement «cochon de mer». L'exemple de 1086 pourraît être une latinisation du terme ags. correspondant; voir les doutes exprimés à son sujet ds Latham.
        Anc. h. allem. merisuîn : allem. mod. Meerschwein, de Meer, mer, et Schwein, pourceau. (Littré).

    mastiquer        1. Ca 1370 mastiguer «mâcher (terme de physiol.)» (G. de Chauliac, La Grande Chirurgie ds Sigurs, p.66); 1561 (Paré, Œuvres, éd. J. F. Malgaigne, XV, 23); 2. 1425 fig. «bien étudier» (O. de La Haye, Poème sur la grande peste de 1348, 29 ds Delb. Notes mss). Empr. au lat. méd. masticare.

    mastroquet  (marchand, débit de vin)(et troquet, issu par aphérèse de mastroquet)    Orig. incertaine. Un rapprochement avec mastoc* (proposé par FEW t.16, p.542a, note 3) paraît impossible. On a aussi proposé un néerl. meesterke «petit patron» (G. Esnault ds Fr. mod. t.19, 1951, p.305, après Delesalle en 1896), ou un flam. meisterke, qui serait l'appellation usuelle d'un tenancier d'auberge

    masure    Du lat. pop. *ma(n)sūra «demeure» (de mănĕre, mansum «rester, demeurer dans ses foyers», v. aussi maison, manoir, mas), lat. tardif mansura «tenure domaniale, manse*» (1re moitié viiie s.) «demeure, maison» (950). Att. fin xive s. au plur. «baraquements qui servent de logement provisoire à une armée» (Froissart, Chroniques, éd. L. Mirot, t.12, p.31).

    matelot     Empr. au m. néerl. mattenoot, signifiant littéralement «compagnon de couche», deux matelots partageant autrefois un seul hamac. Le sens étymol. a existé en fr. (xve s., Rôles d'Oléron, XX ds The Black book of the Admiralty, éd. T. Twiss, t.2, p.454), et subsiste dans vaisseau matelot. V. aussi amateloter, amatelotage.
    matelot 1. 1357 «homme d'équipage, participant à la manoeuvre ou à l'activité d'un navire, sous la conduite des officiers et des maîtres» (Jean de Venette, Histoire des trois Maries, ms. B.N. fr. 12468, fo179b ds Gdf. Compl.); 2. 1690 «bâtiment qui précède ou qui suit un autre navire dans une ligne de file» (Fur.); 3. 1840 «costume d'enfant imitant celui des matelots» (Ac. Compl. 1842). Empr. au m. néerl. mattenoot, signifiant littéralement «compagnon de couche», deux matelots partageant autrefois un seul hamac. Le sens étymol. a existé en fr. (xves., Rôles d'Oléron, XX ds The Black book of the Admiralty, éd. T. Twiss, t.2, p.454), et subsiste dans vaisseau matelot. V. aussi amateloter, amatelotage.
        Alld Matrose : Das Wort wurde um 1600 aus niederl. matroos entlehnt, das aus französisch matelot (Seemann) umgebildet ist. Das französische Wort selbst stammt vermutlich aus mittelniederl. mattenoot, das wohl eigentlich Matten-, Schlafgenosse bedeutet. (http://www.uni-muenster.de/HausDerNiederlande/Zentrum/Projekte/Schulprojekt/Lernen/Literatur/86/einfluss_auf_andere_sprachen.html)

    mauve, mauvis, mauviette    Empr., en anglo-normand au vieil angl. maew (FEW t.16, p.495b), terme germ. (allemand Möve, qui donne le picard mauve) propre aux contrées maritimes.
        Mauviard en picard : merle.
    mazette (un mauvais cheval ; un maladroit ; interj.) Prob. emploi métaphorique (att. en norm. dep. le xviie s. aux sens 1 et 2 ds Héron), du norm. mesette «mésange», issu, par substitution de suff., de mésange*. Cf. un développement sém. analogue pour criquet* et mauviette*. Guiraud émet l'hypothèse d'une origine normande (1622).
        Bas-lat. mesgetus, mauvais cheval, dans un texte du commencement du XIIIe siècle. Mais d'où vient mesgetus ? On a indiqué l'allemand matz, maladroit, bûche. Il y a dans le Berry mazet ou mazette, fourmi ; il est possible que ce soit là l'origine de mazette, la fourmi étant un très petit animal, un rien, et ayant servi métaphoriquement à dénommer une mauvaise rosse. Mazet, diminutif de maze, fourmi, vient-il de l'allemand Ameise, fourmi ? (Littré)

        MAZETTE. mauvais cheval, joueur maladroit; d'après Frisch, de l'all. matz, maladroit, bûche (?) (Scheler).