• PA

    pacant    Orig. obsc. Un empr. à l'all. arg. Packan (att. au xviie s. ds Weigand) «assaillant, poursuivant», impér. subst. de anpacken «saisir» (suggéré par Behrens, Beiträge zur französischen Wortgeschichte und Grammatik, 1910, p.196 et repris par REW1-3, 6137, Bl.-W.1-5et FEW t.16, pp.607-608) s'explique difficilement en raison de la très large répartition du mot dans toute la France aux sens de «paysan» et de «rustre», v. FEW t.16, p.607 (Wartburg l'explique par la rapidité avec laquelle les mots d'arg. se propagent). Une survivance du lat. paganus «de la campagne, paysan» (v. païen) devenu pagan, puis, pour des raisons d'expressivité, pacan, pacant «paysan grossier, rustre» (hyp. de R. Sindou ds Mél. Séguy (J.), t.2, pp.347-365) se heurte à la quasi disparition de pagan «paysan» en occitan (FEW t.7, p.466a) et supposerait un traitement particulier de [g] devant [a] dans le domaine d'oïl, et le maintien du sens lat. de «paysan» pour un mot qui n'aurait survécu qu'oralement.
        Norm. pagnant, lourd, grossier. Pacan paraît être le même que l'espagnol pagano, paysan et païen ; prov. pagan (voy. PAÏEN). (Littré)
        Origine du Nord-Est (XVIe s.)pour Guiraud.

    pacquer (Terme de pêcheur. Presser et fouler le poisson salé, à mesure qu'on le tire du sel et qu'on l'arrange dans des futailles)    Dér. du m. fr. pacque (v. paquet); dés. -er. On trouve plus anciennement l'agn. enpaker «emballer» (1294 ds NED; 1410 ds Gdf.) et le lat. médiév. impaccare «id.», dans le domaine anglais (1280 ds Latham et NED), paccare «id.» (1341 ds NED), tous trois prob. dér. de termes empr. à l'angl. pack «paquet» (av. 1225, ibid.), to pack «emballer» (xives., ibid.), eux-mêmes empr. au mot néerl. qui est à l'orig. du m. fr. pacque. Cf. paquet.

    pagnot (lit), pagnoter (se), pagneuter (se)    I. Pagne 1872 (d'apr. Esn.). II. Pagnot 1900 (ibid.). I prob. issu, par apocope, de panier «id.» (1878, Rigaud, Dict. jargon paris., p.245). II dér. de pagne2; suff. -ot*.
        Origine picarde ou italienne (1859) pour Guiraud : PAGNOTER, 1878. Coucher, dormir, se coucher ; coucher (sexuellement). Ancien verbe argotique, de pagne = linge dans lequel on s'entortille, et par conséquent, drap, toile (AYN) / P.-ê. (selon Ménage) de soldats de la pagnot(t)e «mauvais soldats», ital. pagnotta «petit pain», ou de l'esp. pagno «chiffon», du lat. panneus, de pannus, mais le franç. a paniot «housse», d'où pourrait venir le mot (P. Guiraud) (Bob, dictionnaire d'argot).

    paletot    1370 paltoke «sorte de justaucorps» (Texte ds Skeat, Etymol. Dict. of the English lang. ds Gdf. Compl.); 1403 palletot (Tut. de Henriot de Frasne, A. Tournai, ibid.); 1819 (Boiste: Paletot, s. m. justaucorps espagnol. R.V. habit veste); 1857 paletot de sapin (Flaub., loc. cit.); 1932 secouer le paletot (Aymé, loc. cit.); 1936 tomber, sauter sur le paletot (Céline, loc. cit. et p.479). Empr. au moy. angl. d'orig. obsc. paltok (xives. ds NED); paletoc, paletot a désigné un vêtement de personnes de basse condition (les laquais, selon Cotgr. 1611, ,,les paysans, & particulièrement en Espagne`` selon Fur. 1690), d'où le sens du dér. paltoquet*; l'usage du terme a connu un renouveau au début xixes. att. notamment par le réemprunt par l'angl. de la forme paletot (1840 ds NED), et par Boiste qui n'attestait que le sens de «justaucorps espagnol» dans les éd. ant. à 1819. Cf. paltoquet.
        Bourg. pauletô ; esp. paletoque ; bas-breton, pal-tôk. Diez croit que ce mot est composé du latin palla, manteau, et toque ; mais un des exemples de l'historique montre que ce vêtement ne couvrait pas la tête, puisqu'il y est dit que les gens prirent leurs paletots avec leurs bonnets. La vraie étymologie est le hollandais paltsrok, robe de gros drap, formé de palster, pèlerin, et rok, robe, habit ; robe de pèlerin. Palster est le vieux français paumier, pèlerin, de palme. (Littré).
    angl. paltock    Origin uncertain; perhaps from pall (fine cloth) +‎ -ock, though the T is unexplained. Compare paletot.
    alld. Paletot    Übernahme (um 1840) von frz. paletot, wie der um diese Zeit in Paris in Mode gekommene Herrenmantel genannt wird. Zuvor bezeichnen mfrz. paltoke, mfrz. frz. palletoc, paletot wie mengl. paltok einen ‘kurzen, mit Ärmeln versehenen Überrock’, wahrscheinlich ein Kleidungsstück der engl. Invasionsarmeen in Frankreich. Die weitere Herkunft ist nicht geklärt; Verwandtschaft mit aengl. pæll, engl. pall (älter) ‘Mantel’ und voraufgehendem lat. pallium ‘Überwurf’ ist fraglich.

    palissandre (bois)    Empr. au néerl. palissander, de même sens que le fr., lui-même prob. empr. à un parler indigène de la Guyane (tupi-guarani ?) de même que sakkerdaan, "sarcanda" confondu avec le jacaranda, le palissandre étant surtout importé de la Guyane hollandaise (Suriname).

    paltoquet    Dér. de paltoke, palletoc, anc. forme de paletot*, avec suff. -et caractérisant substitué à -é dans pall(e)toqué «revêtu d'un paletot» (1546, Rabelais, Tiers Livre, chap.26, éd. M. A. Screech, 188; 1611, Cotgr.), le paletot étant considéré comme un vêtement d'hommes de basse condition (v. paletot étymol.).
        Bourguig. paltoquai, paysan ; de paletoc, paletot : celui qui est vêtu d'une casaque, paysan, de là le sens péjoratif. (Littré).

    pamplemousse    Empr. au néerl. pompelmoes, fém., au sens 1 a, qui est prob. comp.de pompel «gros, enflé» et de limoes «citron» (Boulan, p.148; König, pp.159-160). Apparaît d'abord dans des textes fr. qui le donnent comme mot néerl.: 1665 pompelmoes (J. Le Carpentier, L'Ambassade de la Compagnie orientale des Provinces Unies... [trad. d'un ouvrage néerl.], II, p.88 ds Arv.); 1666 pompelmous (M. Thévenot, Relation de divers voyages curieux... t.3 ds König).

    panais / panet (pan de chemise)    Mot dial. (wall., lorr.), dér. de pan1* au moyen d'un suff. -é qui, dans qq. dial., notamment liégeois et lorr., correspond au suff. fr. -eau*, issu du lat. -ellus (cf. J. Haust, Dict. fr.-liégeois, p.XIII; O. Bloch, Les Parlers des Vosges méridionales, p.5, § 2; Fouché, p.319, 17-20; FEW t.7, p.558a).

    panique    1. a) 1534 terreur Panice (Rabelais, Gargantua, XLII, 69, éd. R. Calder et M. A. Screech, p.249); b) 1828-29 panique subst. (Vidocq, Mém., t.1, p.299); 2. 1546 «relatif au dieu Pan» (Rabelais, Tiers Livre, XXXVIII, 121, éd. M. A. Screech, p.265: fol panicque), empl. isolé; 1866 (Hugo, loc. cit.). Empr. au gr. πανικός adj. «de Pan», employé surtout avec un subst. signifiant «terreur», le dieu Pan passant pour produire les bruits entendus dans les montagnes et les vallées.

    pand, pant "pour un créancier, sécurité d'approvisionnement du nombre précisé de tissu" du néerl. pant, "objet  d'une garantie, garantie de paiement d'une dette" (alld. Pfand)

    panicaut (plante aux feuilles piquantes)     litt. pain chaud < panis calidus, réfection, p.étymol. pop., du lat. des gl. panecardus, paniscardus, comp.de panis «pain» et cardu(u)s «chardon», littéral. «pain chardon [les jeunes feuilles de cette plante étant appréciées en salade]», lui-même altér. de cardopanus.

    panne (poutre)    Ca 1160 pasne «pièce de bois qui porte les chevrons du toit» (Moniage Guillaume, éd. W. Cloetta, 5731); ca 1170 pannes (Rois, éd. E. R. Curtius, III, VII, 5, p.132). Terme très att. dans le nord et l'est de la France (cf. FEW t.8, p.6), prob. à rattacher comme l'a. prov. padenal, le gasc. padeau (ibid., p.6b), le galicien padea, l'all. pfette (J. Jud ds Z. rom. Philol. t.38, p.53) au b. lat. patĕna «crèche, mangeoire» (iv-ve s.), empr. au gr. πάθνηv. Chantraine, s.v. φάτνη, également att. au plur. au sens de «lambris d'un plafond disposé par compartiments» et «râtelier», la transposition de sens s'étant faite à partir de la notion de position horizontale et de longueur des poutres d'une mangeoire, alors que celle de cavité n'aurait joué aucun rôle (p. anal. avec l'assemblage de larges barres de bois que forme le râtelier posé sur l'auge) (v. FEW t.8, p.6b).
        Autre forme de pan, dans le sens de pièce, morceau. (Littré)

    pape (B)(bouillie)    Fin xies. judéo-fr. pape (Raschi, Gl., éd. A. Darmesteter et D. S. Blondheim, t.1, p.107b, no775); 2emoitié xiiies. dial. de l'Ouest papa (Anc. serm. fr., éd. P. Meyer ds B. de la Sté des anc. textes fr., 1903, p.51); ne subsiste plus guère que dans le dial. wallon 1812 (Ph. Delmotte, Essai d'un glossaire wallon, p.496). Du lat. pap(p)a, mot expressif dont les enfants désignent la nourriture (v. aussi Ern.-Meillet), att. dans les autres lang. romanes: ital. pappa (xives. ds DEI), esp. papa (1400 ds Cor.-Pasc.) et également en angl. (ca 1430 ds NED).

    papelard (faux, hypocrite)    Ca 1190 subst. faire le papelart (Renart, éd. M. Roques, 8699); ca 1200 subst. papelarde (Auberée, 517 ds T.-L.); ca 1223 adj. pappelars, pappelart (Gautier de Coinci, Miracles, éd. V. F. Koenig, I Mir 10, 511; 1876), (cf. Id., op. cit., 1 Mir 11, 1379: Tex fait devant le pappelart Qui par derriere pappe lart); 1310 adj. la papelarde religion (Gervais du Bus, Fauvel, 883 ds T.-L.). Orig. discutée. Papelart serait un dér. en -ard*: −d'apr. une 1re hyp., d'un verbe a. fr. *papeler «manger; marmonner (des prières)», lui-même dér. en -eler* du verbe a. fr. paper «manger» (ca 1223, Gautier de Coinci, supra), du lat. pappare «manger», d'orig. onomat. (papp- exprimant le mouvement des mâchoires pendant la mastication) le mouvement des lèvres marmonnant étant assimilé à celui de la mastication (G. Baist ds Z. rom. Philol. t.32, p.45); *papeler peut se déduire de papeloter «bavarder» relevé dans le dial. de Mouzon (Ardennes) par FEW t.7, p.585b, et est à rapprocher de l'a. fr. papeter, v. papoter; pour une dér. en -ard* à partir d'un verbe (voir l'objection d'ordre morphol. ds FEW t.7, p.587b, note 28, reprise par F. Koenig ds Rom. Philol. t.22, p.493) cf. au xiiies. grognard*, de grogner*; −d'apr. une 2e hyp., émise par F. Koenig, loc. cit., pp.492-97, papelart serait dér. de papel, papal* s'appliquant aux Ultramontains tenants du pape, vilipendés par divers aut. des xiie-xives., notamment pour leur hypocrisie; cette hyp. se heurte à une difficulté chronol., papal n'étant pas relevé av. le xives. (T.-L.; cf. Eustache Deschamps, V, 280, 5: Puis qu'il vint tant de cardinaulx, De compteurs, de divers papaulx...). L'hyp. selon laquelle papelart serait comp. d'une forme verbale de paper «manger» et de lard* en réf. à Gautier de Coinci, 1 Mir 11, 1379 supra (A. Jeanroy ds R. crit. hist. et litt., 1897, 1, p.367; Sain. Sources t.1, p.207) paraît à écarter, ce rapprochement ne représentant qu'un jeu de mots.

    papoter    1. 1611 «manger sans entrain, chipoter» (Cotgr.); 2. 1737 «bavarder» (Mirabeau in G. Streckeisen-Moultou, J.-J. Rousseau, ses amis et ses ennemis [Paris, 1865], II, 363 ds Barb. Misc. XII, no 29). Dér., avec suff. -oter*, du rad. onomat. papp- exprimant le mouvement des lèvres, que l'on retrouve dans le verbe lat. pappare «manger» (d'où le verbe a. fr. paper, v. papelard). Cf. le dér. en -eter*: papeter ca 1223 «dépouiller (quelqu'un) de ses biens [lui manger son bien]» (Gautier de Coinci, Miracles, éd. V. F. Koenig, 2 Mir 11, 616); 1234-40 pic. «babiller» (Chansons et dits artésiens, éd. R. Berger, XXII, 54).

    paquet    Dér. du m. fr. pacque «ballot (d'étoffe)» (1410 pakke, Stat. Henri VI, an XI ds Gdf. t.3, p.51c [celui-ci prob. empr. à l'angl. pack]; 1510 pacque, Rouen ds Gdf.), empr. au néerl. pak (att. en 1199 dans un texte de lat. médiév. sous la forme pac, v. NED, s.v. pack subst.1. Dans le domaine angl., pacca «paquet» est att. en 1286 (Latham), et l'angl. pack «id.», prob. empr. au néerl., av. 1225 (NED). Cf. aussi le lat. médiév. d'Angleterre paccettum (1304 ds Latham). Au sens 5, francisation de pack2*. Cf. pacque.

    pasquin    1. 1558 «écrit satirique» (B. Des Périers, Nouv. récréations et joyeux devis, 66, éd. Kr. Kasprzyk, p.247: un Pasquin qui avoit esté nouvellement faict à Romme); vx dep. 1788, Fér.; 2. 1571 nom d'une statue de Rome sur laquelle on placardait des écrits satiriques (M. de La Porte, Les Epithètes, 307 ro ds Hug.: Pasquil, Pasquille ou Pasquin. Ainsi est nommee une vieille statue de marbre à Romme, sur laquelle on a accoustumé d'attacher ou plaquer les dictons, sornettes, rimes et autres inventions de mesdisance, contre les plus apparens de la ville: lesquels dictons pour cela sont appellez pasquins); 3. 1798 «méchant diseur de bons mots, bouffon» et p.ext. «homme qui affecte ce caractère» (Ac.). Empr. à l'ital. Pasquino, nom d'une statue antique découverte en 1501 à Rome, et à laquelle les étudiants adressaient des écrits satiriques le jour de la Saint-Marc; on y afficha par la suite des pamphlets. Pasquil(le) «écrit satirique», att. au xvies. dep. 1536 (Rabelais, Lettre à Mgr. de Maillezais ds OEuvres, éd. Ch. Marty-Laveaux, t.3, p.363; cf. Gdf. et Hug.) est empr. à l'ital. pasquillo «id.» (dep. 1re moitié du xvies., B. Segni ds Tomm.-Bell.), altér. de Pasquino par substitution de suff. Voir Migl. Nome propr., p.174, FEW t.7, p.707b-708a, et Hope, p.214.
        Autre origine : Dérivé de pasquille (Lille, pasquille, wall., pasqueille, pasquèie, pasquée.) Ecrit satirique, qui aurait été à l'origine compté dans les pâturage (pasquil en ancien-français, cf. Godefroy. Le mot est bien présent dans tous le Nord de la France et en Wallonie).

    patard    [1330 d'apr. Bl.-W.5]. 1429 «petite monnaie de peu de valeur» (Lettre du roi aux gouverneurs, 20 mars ds H. Morin-Pons, Numismatique féodale du Dauphiné, Paris, Rollin, 1854, p.316); 2. a) 1547-57 ne point priser deux patardz (Moralité ds Ancien Théâtre français, éd. Viollet-le-Duc, t.3, p.99); b) 1762 cela ne vaut pas un patard (Ac.). Altér., par substitution du suff. -ard* à la finale -ac, de l'a. subst. patac «id.» (1374: patas, plur., G. Espinas, Draperie dans la Flandre fr. au Moy.-Âge, t.2, p.937; 1448: patac, Comptes du roi René, éd. A. Lecoy de la Marche, § 669), lui-même soit empr. à l'a. prov. patac «id.» (1404, Chronique Boysset ds Archiv. für Literatur-und Kirchengeschichte des Mittelalters, t.7, 1900, p.371; déjà pataquus en 1362 dans un doc. lat. concernant Nîmes, v. Du Cange), att.à côté de patar (1348, Comptes des Frères Bonis, éd. E. Forestié, t.2, p.269) et patat (1361 ds Pansier t.3; déjà patatius en 1343 dans un doc. lat. concernant le Dauphiné, v. Du Cange); soit empr. à l'ital. patacca «id.» (fém. de patacco «id.», mil. du xives.) att. indirectement par le dér. patachina (1327 ds Arch. St. n. fr. t.149, 1926, p.277; peut-être déjà en 1254, ibid.; v. aussi R. numism., t.37, 1934, p.XXVI), tous deux d'orig. inc. (v. Cor.-Pasc., s.v. pataca et Rom. Jahrb. t.8, 1957, p.43). Le mot patard et ses var. a désigné des pièces de monnaie en usage dans différents pays :
        * une monnaie frappée au XVe siècle aux Pays-Bas bourguignons (aujourd’hui Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, et le nord de la France). Elle est frappée premièrement en 1433, en Flandre, dans le Brabant, au Hainaut, et en Hollande. Cette monnaie était utilisée dans la plupart des Pays-Bas de l’époque et est pratiquement devenue leur monnaie commune. Philippe le Bon frappa le patard au Luxembourg, les évêchés de Liège et d’Utrecht, et le duché de Gueldre;
        * une pièce de monnaie des Papes d'Avignon ;
        * une pièce de deux sous en France au XIe siècle ;
        * un patronyme français.
    Tombé en désuétude, le mot ne s’emploie plus guère que dans quelques tournures familières :
            * Je n’en donnerais pas un patard.
            * Cela ne vaut pas un patard.
            * Il n’a pas un patard.
    wikipedia & wiktionary
    Poilly cite pater sans le sens de "sou".

    patin    1. a) 1260 «chaussure à semelle épaisse» (Etienne Boileau, Métiers, 286 ds T.-L.); b) 1933 «pièce de tissu sur laquelle on pose le pied pour avancer sans salir le parquet» (Malègue, loc. cit.); 2. a) α) 1427 «sorte de galoche qu'on transforme en patin pour aller sur la glace, par la simple addition, soit d'une ferrure pour patiner, soit de clous pour éviter de glisser» (Laborde, Ducs de Bourgogne, t.2, p.384: pour ferrer iij paires des dits patins pour aler sur la glace); de nouv. ca 1475-1506 patins de Hollande (Jean Molinet, Chron., éd. G. Doutrepont et O. Jodogne, t.1, p.421); β) 1864 «le patinage» (Erckm.-Chatr., Ami Fritz, p.157); γ) 1876 romand «pièce placée sous certains traîneaux» (Chabloz, Hist. du Canari Abram Nicole ds Pierreh.); 1916 can. patins du traîneau (Hémon, loc. cit.); 1935 fr. (Ac.); b) 1845-46 «patins à roulettes» (Besch.); 1868 patins à roulettes (Littré); 3. a) α) 1676 techn. (Félibien, pp.683-684: On nomme ... Patins des pieces de bois posées sous les Eschiffes et dans lesquels sont assemblés les noyaux des Escaliers, et encore dans la construction de plusieurs machines où les patins servent comme de pieds); β) 1832 chaise à patins (Balzac, Curé Tours, p.197); b) 1908 frein à patin (Alvin, loc. cit.); 4. 1927 rouler un patin (d'apr. Esn.); 1928 (Lacassagne, Arg. «milieu», p.181).
    Dér. de patte*; suff. -in*. Patin au sens 4, est peut-être un déverbal de patiner2* et l'expr. rouler un patin est elle-même prob. due à la vogue du patin à roulettes, d'apr. rouler à patins (cf. Cellard-Rey). Pour l'hist. du mot, v. R. Ling. rom. t.49, 1985, pp.319-320, note 4.
        Origine du Nord (1660) pour Guiraud.
        PATIN, it. pattino, angl. patten, d'abord une espèce de soulier fort haut; dérivé (ou du moins de la famille) de patte. Ou bien le v.flam. plattynen = soulier de bois (soulier plat ?) engagerait-il à chercher une autre étymologie ? - D. patiner, -eur. (Scheler).
    néerl. platijn, plattijn znw. m. Ook platine, znw. vr. Hetzelfde als patijn; z. ald. (het fra. platine heeft andere beteekenissen).     Benaming van eene soort van muilen of pantoffels, deels van hout en deels van leer; ook wel geheel van hout, in welk geval het woord gelijkstaat met klomp, holsblok. Somtijds waren zij voor de stevigheid van onder met ijzer beslagen. Teuth. holsch, tryp, stilleganck, plattijn, colopes, colopedium, colopedius. Plant. plattijnen, des galloches (vgl. galootse), semelles de bois et le dessus de cuir, Gallicae, soleae ligneae; de plattijnen wachten, agere Veneris excubias. (zie beneden). Kil. plattijn, calo, baxea, calceus ligneus, calopo, dium j. crepidae, gall. patin en Waasch Idiot. 525: platijn, sandaal.
              (klemt. op de 2de lettergr.), znw. m., mv. -en. Daarnaast plattijn. Mnl. platijn, m., naast platine, vr. Bijvorm van Patijn met epenthesis van l (verg. SALVERDA DE GRAVE, Fr. Woorden 289). Zie PATIJN (I). Thans alleen nog gewestelijk in gebruik (b.v. in ZeeuwschVlaanderen en het Land van Waas).    Benaming van zeker schoeisel, dat in verschillende tijden een verschillenden vorm had; inzonderheid een schoeisel, bestaande uit een houten onderstuk, met van boven een riem om het onder den voet te bevestigen. Trip, muil op houten blok. Eertijds soms ook van een ijzeren beslag voorzien. De platijnen dienden om den voet in te steken als men dezen bij het gaan niet vuil of nat wilde maken, of om des winters niet met den kouden vloer in aanraking te komen.