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    quai     mot normanno-picard, du gaulois °caio "enceinte" ; cf. chai. Prob. issu du gaul. caio (Dottin, Manuel de l'antiquité celtique, p. 69; Dottin, p. 213) attesté au ve s. (De nominibus gallicis ds TLL s.v. caii, 116, 49) à identifier avec le b. lat. caii « cancelli » (viie-viiie s. Beda ds TLL s.v., 116, 46; v. TLL et Ern.-Meillet) auquel se rattache l'irl. cai et le cymrique cae « maison » l'a. bret. cai « haie » (v. IEW t. 1, p. 518), v. aussi quai.

    quartier-maître    Adapt. soit de l'all. Quartiermeister « maréchal des logis » (comp. de Quartier, lui-même empr. au fr. quartier « cantonnement » et de Meister « maître », qui remonte au lat. magister, v. maître), hyp. du FEW t. 16, p. 428b et t. 6, 1, p. 42, soit du néerl. kwartiermeester, de même formation que l'all., hyp. de Behrens D., p. 44, Valkh., pp. 205-206, Boulan, p. 150, et qui serait plus probable pour un terme milit. et de la marine.

    quenotte    Dér. de l'a. norm. cane « mâchoire » (fin du xiie s., Béroul, Tristan, éd. E. Muret4, 3068), d'où « dent » (1174-77, Renart, éd. E. Martin, II, 992), en a. pic. kenne « joue » (ca 1200, S. Jean Bouche d'or, 457 ds T.-L., s.v. quenne), tous deux issus de l'a. b. frq. *kinni « joue », v. FEW t. 16, pp. 325-326 et G. Roques ds Mél. K. Baldinger, t. 2, 1979, pp. 586-587.

    à la queue-leu-leu    La forme rég. a.fr. leu a été remplacée par lou (loup), prob. sous l'infl. combinée de la forme dial. de l'Ouest et du fém. louve.
           L'expr. sous A 2, à la queue leu leu, signifie à la queue, le loup! p. réf. à un jeu pratiqué par les enfants. Ceux-ci criaient à la queue! pour se mettre en ligne, puis le leu! (forme pic. loup), pour manifester leur peur quand le joueur représentant le loup, attaquait. L'art. le s'est transformé en leu p. assim. avec les sons voisins.

    quille    1. a) 1288 jeux (Jean de Journi, Dîme de pénitence, 2604 ds T.-L.); b) 1690 comme un chien dans un jeu de quilles « de façon inopportune » (Fur.); 2. 1455 « jambe » (Procès des Coquillards ds Sain. Sources arg. t. 1, p. 97); mil. du xve s. trousser ses quilles « partir » (Charles d'Orléans, Poésies, éd. P. Champion, t. 2, p. 334); 1846 jouer des quilles « s'enfuir » (Intérieur prisons, p. 243); 3. 1746 « bande de parement qu'on met à une robe, le long de la couture du côté » (La Morlière, Angola, p. 7, 14); 4. 1867 « bouteille mince et allongée » (Gautier, loc. cit.); 5. 1895 « fille, fillette » (d'apr. Esn.); 6. 1936 arg. milit. (d'apr. Esn.). Empr. au m. h. all. kegel, att. au sens 1 a (a. h. all. kegil « piquet, poteau »), v. Kluge20, Duden Etymol. L'orig. des sens5-6 est obsc.: 6 pourrait être soit déverbal de quiller « abandonner » (1899 d'apr. Esn.), lui-même issu de quiller* « remettre debout (les quilles abattues) », « laisser là », soit, de manière moins probable, déverbal de quiller « partir vite » (1890 d'apr. Esn.), issu de jouer des quilles « s'enfuir » (1846, supra), cf. déjà trousser ses quilles « partir » au mil. du xve s.

    quincaille, quincaillier, quincaillerie    Du même rad. onomat. que clinquant*, avec chute du -l- p. assim. des deux init. syllabiques.
    quinquenove    quinquenove (-nove, du lat. novem « neuf »), subst. masc., jeux. ,,Ancien jeu de dés où l'on perdait la mise quand on amenait cinq ou neuf`` (DG). Jouer au quinquenove (Ac. 1835, 1878).
        Quinquenove (ital.: fünf und neun) ist ein historisches Würfel-Glücksspiel mit zwei Augenwürfeln. (de.wikipedia)
        Lat. quinque, cinq, et novem, neuf ; ital. cinquenove. Puis Esp. cinco et nueve, cinq et neuf. (Littré)
        Leibniz a écrit un traité intidulé "Du jeu de Quinquenove" (inédit édité en 1992)
        Le Traité de la formation de la langue (Adolphe Hatzfeld, Arsène Darmester et al.) y voit un emprunt au néerlandais.

    quinquin        L’origine de ce mot est incertaine. Louis Vermesse le donne issu du flamand kind (« enfant »). Quinquin (ou selon l'orthographe « kinken ») serait donc à rapprocher de kindeken (*), kindekijn (nl)* ou Kindchen (de)*, mots signifiant aussi « petit enfant ». Cette hypothèse est confortée par une étude indépendante de Marius Valkhoff, qui souligne la présence incontestable du suffixe germanique -quin dans les langues française, picarde et wallonne. (http://fr.wiktionary.org/wiki/quinquin)
        Godefroy (Dictionnaire d'ancien-français) donne quine (fém. de quin, "singe") singnifiant "membre viril" et quinette, "bâton pour s'appuyer, verge d'un enfant".  On retrouve la similitude entre le bâton et la verge avec biroute, biloute. Verge a également des deux sens.
        Dans le Beaujolais, quinquin désigne l'auriculaire, de quint (du lat. quintus « cinquième »), cinquième.
        C'est peut-être aussi une déformation de taquin, venant du picard qui l'a emprunté à takehan, du flamand, probablement composé de l'impératif de taken « saisir » et de han, abréviation de Johan (Jean), aussi « individu mâle », littérallement: « saisis, bonhomme! ».

    quoi (dire ~)        sagen Bescheid (dire la réponse, la décision) en allemand ou bescheid zeggen (dire la réponse, la décision)