• TO

    tôle et tôlard    voir taule et taulard.

    toqué    1829 adj. « qui a le cerveau dérangé » (Vidocq, Mém. d'apr. Esn. 1966; avec renvoi à L'Héritier [1789-1852] qui note l'expr. elle a toujours été un peu tocquée dans une phrase censée de 1685 env.); b) 1857 subst. « personne qui a le cerveau dérangé » (Clairville, Delacour et Thiboust, Lanterne magique, p. 20 ds Klein Vie paris., p. 247). Part. passé de toquer.

    toquer    Dér. du rad. onomat. tok (fr. toc*); dés. -er. Cf. toucher* issu d'un lat. pop. *toccare « heurter, frapper ». 
    bistoquet    1. 1721 jeux (Trév. : Bistoquet [...] Instrument de billard avec lequel on jouë à coup sec, quand on craint de billarder), chose et mot qualifiés de ,,vieillis`` par Ac. 1835; 2. 1863 jeux, (Littré). Dér. du verbe toquer* « heurter, frapper »; préf. bis- (bi-*); suff. -et*; à noter que l'appellation plaisante de Bistoquet (av. 1611 dans Hug., s.v. bistoquer) donnée à un chien paillard, de même que celle de Marquise de Bistoquet (qui se vante d'être ivrognesse et libertine), 1691 (Regnard, Coquette, II, 12 dans Fr. mod., t. 11, p. 208) n'a qu'un rapport plaisamment paronymique avec le mot étudié et serait plutôt à rapprocher de bistoquer, biscoter*.

    tocard et têtard
        1 de toc* au sens 2; suff. -ard*. Dans l'arg. du turf, le mot semble empr. au norm. toquard « têtu » (v. FEW t. 13, 2, p. 13b), lui-même dér. de toquer1* au sens de « frapper », v. Dum. 1849, s.v. toquer.
        Dér. de tête*; suff. -ard*; à rapprocher de 2 d, 2 f et 2 h α homme de teste « homme intelligent » (dep. ca 1470, Georges Chastellain, Chronique, éd. Kervyn de Lettenhove, t. 3, p. 228) et de 2 h β grosse tête pour désigner quelqu'un de stupide (ca 1512, Gringore, Œuvres, éd. Ch. d'Héricault et A. de Montaiglon, t. 2, p. 356: grosse teste sans sens; 1640, Oudin Curiositez: grosse Teste et peu de sens; xvie s. en petite teste gist grand sens, v. Leroux de Lincy, Proverbes, t. 1, p. 277).

    tordeur    A. 1. xives. tordeur « ouvrier qui tord la laine, le fil » (doc. ds Coutumes Lille, éd. Brun-Lavainne, p. 152); 1680 tordeuse (Rich.); 2. 1872 (Littré: Tordeuse, machine qui sert à tordre ensemble les fils de fer). B. 1803 (Boiste: Tordeuse, phalènes dont les chenilles tordent les feuilles). Dér. de tordre*; suff. -eur2*, -euse. Cf. dès 1333 tordeur « fabricant d'huile » (Monum. pour servir à l'hist. des prov. de Namur, Hain. et Luxemb., III, 322, Chron. belg. ds Gdf.: torderes), encore usité à Dunkerque, en 1467 tordeux « ouvrier qui tord la laine » (doc. ds Fagniez t. 2, p. 268, no148) et déb. xvies. torderesse « celle qui tord les fils » (G. de Digulleville, Trois pelerin., fo90b, impr. Instit. ds Gdf.).

    torque    1250 torke « ballot (de drap) » (Douai ds Espinas-Pirenne, Rec., II, 81 d'apr. De Pœrck t. 2, p. 205), rare, subsiste dans qq. empl.; 1419 « rouleau de fil de fer » (Exéc. test. des époux de le Forge, Arch. Tournai ds Gdf.); 1690 hérald. (Fur.); 1876 (Lar. 19e: Torque. Nom donné en Provence à des pains en forme de couronne). Forme pic. de torche* au sens premier de « ballot »; au sens de « pain en forme de couronne » cf. le prov. touerquo subst. fém. « sorte de gâteau que les paysans font lors des fêtes des villages » 1785 (Achard, Dict. de la Provence).

    touiller     Terme dial. du Nord, cf. FEW t. 13, 2, pp. 392-393, remontant au lat. tudiculare « broyer, triturer », dér. de tudicula, -ae « machine à écraser les olives », de tundere « écraser, piler », d'abord « frapper, battre à coups répétés ».

    toupie    1. 1202 topoie « jouet en forme de poire à base pointue sur laquelle il tourne lorsqu'on lui donne une impulsion à l'aide d'une ficelle enroulée ou d'un fouet » (Jean Bodel, Congés, éd. P. Ruelle, 175, v. note de l'éd.); 1312 tourpoie (Vœux du paon, éd. R. L. Graeme Ritchie, 6403, t. 4, p. 363); 1361-62 tourpie [1393 ms. B] ou tourpoie [1394 ms. A] (J. Froissart, L'Espinette d'amour, éd. A. Fourrier, 241); 1396 tourpie (Manière de lang., éd. P. Meyer, Rev. crit. d'hist. et de litt., 2esemestre 1870, p. 398); 1530 toupie (Palsgr.); 2. 1765 mar. « instrument utilisant la stabilité verticale de l'axe d'une toupie pour déterminer la hauteur d'un astre par rapport à l'horizon » (Encyclop. t. 16); 3. a) 1754 « catin, femme qui virevolte de l'un à l'autre » fils de toupie (Boudin, Madame Engueule ou les accords poissards, 37 ds IGLF); 1800 (Boiste: Toupie [...] prostituée du plus bas étage); 1896 (Delesalle, Dict. arg.-fr. et fr.-arg.: Toupie 1. Tête. 2. Terme de mépris à l'adresse d'une femme. Faire ronfler sa toupie, se dit du souteneur qui fait marcher sa maîtresse); b) 1876 (Lar. 19e: Toupie [...] Personne sans volonté, qu'on fait tourner à son gré); c) 1926 « femme désagréable » (Aymé, Brûlebois, p. 205); 4. 1876 « machine à bois dont l'outil tourne à grande vitesse » (Lar. 19e); 5. 1885 « outil de forme comparable à celle d'une toupie » (Fontaine, Électrolyse, p. 87).
        Issu, plutôt que de l'a. b. frq. *topp qui est à l'orig. de toupet*, du vieil angl. top « toupie » (dep. ca 1066 ds NED, s.v. top subst.2) dont le dér. topet, tupet au sens de « toupie » est attesté en anglo-norm. (ca 1200 Les Enseignements de Robert de Ho, éd. M.-V. Young, v. 76 et Glossaires, v. T.-L.). Les deux formes dér. toupoie et toupie sont peut-être dues aux formes verbales de type topoier (toupijer, Sone de Nansay, éd. M. Goldschmidt, 16805) et toupier (v. toupiller), v. FEW t. 17, p. 345b et p. 346, note 13. Le rattachement du vieil angl. top « toupie » à top « sommet, pointe » et par là à la même orig. germ. que celle de l'a. b. frq. *topp n'est qu'une hyp. (v. NED; Klein Etymol. suppose même que l'angl. norm. topet « toupie » serait issu de l'a. b. frq. et que le vieil angl. top « toupie » en serait un dér. régressif). Les formes en -r- tourpoie et tourpie sont peut-être dues à un rapprochement avec les représentants du lat. turbo, -onis « tourbillon » en a. fr. (cf. m. fr. tourbil « toupie, sabot », v. FEW, loc. cit. et t. 13, 2, p. 421b).

    tourbe    [1200 (doc. ds Tailliar, Rec. d'actes des XIIeet XIIIes. en lang. rom. wall., p. 8)] 1285 (Arch. Nord, B 1586, fol. 223 ds IGLF: torbe). Du frq. *turba, cf. l'all. Torf « id. »; corresp. à l'a. nord. torfa « motte de gazon », v. aussi turf.

    tourniquer    a) 1866 « valser, tourner » (Villars, Précieuses du jour, p. 7); b) 1920 (Martin du G., Testam. P. Leleu, I, p. 1142: la tête elle tournique). Dér. de tourner* d'apr. tourniquet*.
        Dér. de tourner*; le renforcement est parallèle à berniquet (il est allé au berniquet « il a mal fait ses affaires » Rich. 1732) forgé sur berner (v. FEW t. 13, 2, p. 79, note 36).

    tourte    Du b. lat. torta « pain rond, tourte », att. dans l'expr. torta panis (v. Blaise Lat. chrét.), fém. subst. du lat. class. tortus « tordu », v. tort.

    tourteau / tourte (résidu solide de graines ou de fruits oléagineux dont on a exprimé l'huile, présenté sous forme de pains aplatis et employés comme engrais ou pour la nourriture des bestiaux)    xiiies. Flandre agric. (Bans de l'échevinage d'Hénin-Liétard ds Tailliar, Rec. d'actes des XIIeet XIIIes. en lang. rom. wall. du nord de la France, p. 417: tourtiaus, plur.); 1553 fr. « id. » (Belon, Observations de plusieurs singularitez, I, 23 ds Gdf., s.v. tortel1: tourteau). Dér. de tourte*; suff. -eau*.