Définition :
(1) bouillie de farine, de lait (battu) et de sucre
(2) bonne chère, bombance
(3) cuite, beuverie
(4) école buissonnière
Dérivé : guinser, faire (une) guinse, étre in guinse
Répartition : Belgique, Nord-Pas-de-Calais (en néerlandais, on appelle la bouillie de farine bloempap).
Origine : Proche du terme guindaille, il proviendrait du francique °winst, « bénéfice, profit, gain ». De là, le sens de bonne chère, et d’excès de bonne chère ou de boisson.
Exemple :
Un jour au soir, Magrite était occupée à faire, pour le souper, une marmitée de guinse à cavrons [petite prunes aigres]. Jéjeph fumait tranquillement sa pipe et attisait le feu de temps en temps ; il touillait aussi le guinse lorsque sa femme avait besoin de quitter la louche pour vaquer aux occupations du ménages.
Le loup et le boquillon,
conte en patois par Mlle Pélagie Part, d’Herlin-le-Sec
in Contes du pays de Saint-Pol, Revue des traditions populaires (Tome XIX, N° 2, Février 1904)
source : gallise (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58334944)
La messe finie, ils enlevaient bandages & bandeaux, jetaient loin d'eux béquilles & béquillons; & faisaient une guinse, je veux dire une noce, que le diable en prenait les armes. Et c'est pourquoi on n'appelait jamais le pèlerinage de Saint-Calixte autrement que la procession des Réjouis.
Charles Deulin, Contes d'un buveur de bière
Librairie internationale (Paris), 1868, p.316
source : gallica (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5471441h)
A la vue de ce vieux soldat qui mordait à même d'un bel oson de la Saint-Martin, ils s'arrêtèrent.
— Quelle guinse ! s'écria l'un d'eux.
Ce qui chez nous se dit pour : « Quelle chère ! »
— Vous voudriez bien en tâter, hein, fieux ? Leur répondit La Ramée.
— Ça ne serait pas de refus, notre bourgeois, répliqua l'autre.
Charles Deuli, Contes du roi Cambrinus
E. Dentu (Paris), 1874, p.130
source : gallica (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57257110)
Il arrive à s'cuijenne , et y vot chelle tabe aveu des verres d'sus et arringée comme pou faire eune guinse : y d'mande par queul hasard tout cha et si chés filles qu'y n'ont point r'chu quéqu'un pindant qu'il étot in allé.
Louis Dechristé, Souv'nirs d'un homme d'Douai de l'paroisse des Wios Saint-Albin
Impr. de A. d'Aubers (Douai), 1857-1861, p.250
source : gallica (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6527379j)
Travaillant ferme, il s'égayait de même. La journée finie, si d'aventure il faisait la rencontre d'un joyeux drille, il avait tôt fait de héler un bambin, à qui il confiait son cheval et sa charrette :
— Gamin, vos direz à m' femme, qué j'sus in guinse éié qué j' m'inrirai quand j'n'arai pu d' liards.
Le brave meunier rentrait à l'aube, les poches vides, ainsi qu'il l'avait dit.
Marc David, Le Moulin Tablette à Maubeuge
article Le Grand écho du Nord de la France, 30 octobre 1913, p.2
source : gallica (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4762937w)