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1. Le picard - Le nom de la langue - Origine du mot aclot

aclot : ce terme désigne la variété wallo-picarde de Nivelles. On sort donc un peu de l'aire strictement picarde. Venant du francique Hanke, de Han (variante germanique de Jean) et suffixe germanique -ke et enfin le suffixe wallon -lot, Jean évoquant le Jean de Nivelle, pour Jean Ier du XIIIe siècle, et devenu le jacquemart de la cathédrale de Nivelles. Une chanson créée sur lui, à partir de l'expression "être comme ce chien de Jean de Nivelle, qui fuit quand on l'appelle", inspira la chanson Cadet Rousselle. L'abbé Michel Renard (Braine-l'Alleud 1829 - Bruxelles 1904) est l'auteur des Aventures dè Jean d' Nivelles, el fils de s' paire, poème épique (Froment, Nivelles, 1857, 71 pages, écrit en un sorte de premier r'fondu walon avant la lettre, puisqu'il utilisa plusieurs mots de toute la Wallonie) ainsi que de L'Argayon, èl djèyan d' Nivèle (Société Belge de Librairie, 1893, 156 pages, en patois de Nivelles). Situé à la rencontre du wallon namurois et du picard, on dit par exemple bèle pour « lune » comme en picard et non la bêté (« beauté ») comme en wallon. Cependant il ne tutoie jamais comme en wallon. La troisième personne du pluriel de l'indicatif présent est en -ont ( ex. Lès Nivèlwès, quand i 'l dizont, i l' fèzont), ce qui le rend différent à la fois du picard (en -tent) et du wallon (en -èt à Liège, en -ant à Bastogne, en -nut à Namur, et en -neut en carolo).

En guise de mise en bouche pour ce qui concerne le picard, lisons Adelin Grignard, Phonétique et morphologie des dialectes de l'Ouest-wallon (H. Vaillant-Carmanne, Liège, 1908, dont Jules Feller fait la correction et le prologue où il dit : « Deux espèces appartenant à des genres différents, le rouchi, du domaine picard, et le namurois, du domaine wallon, s'y rencontrent et s'y entrepénètrent. Ce n'est pas un centre d'où les eaux gonflées s'avancent rythmiquement en ondulations successives, c'est un détroit où s'entreheurtent les derniers flots de deux mers opposées. » (p.4)

Voici les traits principaux qui le différencient du wallon namurois :

1° dans le vocalisme :

a) le traitement de -atis, -atum, -adum en è (Brabant excepté) : tchantèz, prè, fossè, wè (vadum), dègrè, etc.

b) la persistance absolue de l'a provenant de l'a tonique entravé : tchat, bras ; son allongement dans les formes en -aticum > -âdje : vilâdje, ouvrâdje.

c) a devant bl donnant actuellement -âbe, non -auve : tâbe, misèrâbe, etc. Sporadiquement se rencontrent, il est vrai, trois formes anciennes en -ôle : tôle (table), stôle (étable), et banôle (inoccupé) ; mais elles constituent d'autre part une divergence d'avec le namurois pour le consonantisme.

d) la prosthèse générale de è ou de i dans les mots commençant par le préfixe re ou par 2 consonnes, quand le mot précédent se termine par une consonne prononcée : èr'venu, èr'poser, ispène (épine), istôle (étable), etc.

e) le traitement de l'o tonique ouvert entravé et de au en o : porte, fort, mort, cône "corne", côte, oze "[il] ose", r'poze, etc. ; de l'o protonique ouvert et de l'o tonique entravé en ou : nouvia, mouru, tout, roudje, crousse (croûte).

J'indique encore rapidement l'hésitation entre o et â dans le traitement de ar + consonne : pârt, tchâr, ârbe, bârbe, lârme, etc. ; e ouvert libre donnant souvent iè et non î : pièce, cièl, Liège, pôpière, fièr, bière, liève (lièvre) ; oculum donnant î et oûy.

2° dans le consonantisme :

a) hésitation entre le traitement wallon et le traitement picard dans : tchambe (chambre) et cambe (boîte explosive) ; tchèssî (chasser) et cassî (chasser au jeu de balle) et cachî (chercher) ; tchètwère et catwère (ruche) ; astchèyance et askèyance (hasard) ; chorder (édenter) et scârder (entamer, entailler), scâr (entaille) ; choûter et ascouter (écouter) ; chôle, èschôle et èskèye (échelle).

h) c, cc, xc, sc, traités comme en français ou comme en picard dans : pécher, Chârlèrwè, Châles, chateau, bouche, blanche, franche, èscorîye (fouet), èskine, skœr (secouer), scôrchî et scôrcî (écorcher), scôgne (écale), scwèle (écuelle), dèskinde, dèskirer, monkèt, scayon (échelon), scô (démangeaison ; fé scô ou scôpî, démanger), skèter (se fendre), scaper (échapper), scoupyî (ramasser à la pelle), èscoû (giron), rèscandi (réchauffer), èscume (écume) et ses dérivés.

c) ti après les consonnes donnant parfois ch : conminchî, cachî.

d) n n'influençant pas la voyelle précédente dans plène, grène, fontène, dérène (dernier).

3° Morphologie :

a) usage des pronoms possessifs : èm', èt' , ès' avec prosthèse d'une voyelle d'appui, uo, vo, èl uowe, èl vowe ;

de l'article èl' (avec prosthèse également) ;

de l'article indéfini in, ène ; absolu : yun, yeune.

b) au présent de l'Indicatif, du Subjonctif et de l'Impératif, au futur simple ;

1re personne du pluriel en on : tchantons, tchantonche.

2e » » en èz ou éz étendue pour le Brabant-Ouest à la 1re et à la 3e conj., pour le reste de l'Ouest-wallon aux 3 conjugaisons : tchantèz, savèz, wèyèz ;

au futur simple, les désinences du singulier comme en français : tchant'rè, tchant'ras, tchant'ra ;

à l'imparfait de l'Indicatif au singulier, point de formes longues dérivées de -abam, mais eu ou è.

Enfin, dans le vocabulaire, signalons l'intrusion de nombreuses formes françaises : jaune, encre, cuivre, huile, printemps, paix.

Cela fait, j'ai dessiné suffisamment les traits qui différencient notre dialecte de ses voisins de l'est, wallons comme lui. Mais ces variantes laissent subsister la ressemblance fondamentale. Par elle, il s'affirme nettement wallon et, pour spécifier davantage, ille fait à la façon du dialecte namurois : c'est-à-dire qu'en plus des traits communs à tous les dialectes wallons, de l'Est et du Centre, il a les variantes qu'offre le namurois en regard du Nord et de l'Est-wallon (Liège et Luxembourg). (Au sud de la Sambre il présente pourtant quelques traits qui le rattachent au dialecte dinantais et à l'Est-wallon : è libre comme è + jod donnant parfois eu : deut, creu, dreut, reud. De plus la région Couvin-Givet à la 3e personne du pluriel du présent en è : i tchantèt, qu'i tchantèche, comme le Nord-Wallon).

Citons : 1° la modification de a suivi d'une nasale libre par la labiale précédente : pwin, fwin, samwène ;

2° la persistance de l'a tonique entravé : satch, atatche, glace, place ; comme dans -aticum > âdje : vilâdje, ouvrâdje, orâdje ;

3° e + l + consonne donnant ia : bia, nouvia ;

4° îy en hiatus et î + jod gardant l'î dans partîye, candjîye, vîye (vie), bièstrîye (bêtise), tch'vîye (cheville), èguîye, fîye (fois) ;

5° -orium suffixe donnant wè (parfois wa) : murwè (miroir), sèmwè (semoir) ;

6° u tonique donnant u : nu, cru, pièrdu.

7° l'assimilation de la consonne sonore à la consonne sourde à l'intérieur du mot : tch'fô (cheval), tch'fœ (cheveux) ;

8° c ou t intervocaliques + e ou i, avant l'accent donnent j : cûjène, plèji, nojète, vijin, d'jons, crojète (abécédaire), rûjî (aiguiser), pûjî (puiser), tîj'ner (tisonner) ; après l'accent donnent ch : dîch, chîch, nwèch (noisette), puch.

9° ch résultant souvent de s initial : chabot, chûr, chufler, chèner (sembler), chîje (veillée) ; ou encore de sc initial parfois, de sc médial et final le plus souvent : pèchî, pèchon, fachî (emmailloter), pichî (pissé), crèche ([qu'il] croisse), conèche, vacha (vaisseau, cercueil), mouchon (moineau), finichons ; ou encore de x : bouchon, couche (branche), rèche (sortir) ; ou encore de ss + y : bachî (baisser) ; ou enfin de s + jod posttonique : tchèmîche, bîche (bise), grîche, cèrénche (cerise), binôche (bien-aise), èglîche, tandis qu'en protonique le même groupe s + jod donne j : môjon, cèrénjî, ôjîle (aisé), bôjî (baiser). Citons encore, en morphologie, les 3es pers. plur. des présents, qui avancent l'accent de deux syllabes : tchant'nu, voul'nu, etc. (pp.12-15)

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D
L’étendue des sujets abordés me donne le tournis et j'admire votre courage.<br /> J'aurai juste  une modeste remarque sur la palatalisation du sk, francique (ou l'antérieur "westique") ou latin? Le wallon liégeois est historiquement antérieur de 4 siècles aux: il a en effet profité des paysans germaniques, (Basse-Saxe ou autres) appelés "Westiques"  par Guinet, envoyés par milliers par l'empereur Auguste, par la force ou non. Ils ont ainsi aidés les colons (légionnaires romains et leurs alliés, des cavaliers germaniques, donc quelques années avant notre ère.<br /> La majorité des mots (germaniques ou latins) en sk ont été palatalisés en h en wallon liégeois, puis très souvent en ch en wallon namurois, puis en picard, avant ou non à l'arrivée des Francs (Sicambres)  <br /> J'ai noté; pèchon, pèchî, mouchon, bachî, tchèmîche (tchimîhe), bîche, binoche (binâh')<br /> Mais w hayon pic. scayon; w houpe, pic. scoupyî; w houme  pi.escume.<br /> C'est peu mais pas simple.<br /> .   
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