Définition : plaisanteries, mensonges (mentiries), carabistouilles, plus anciennement pasquilles ; jeune fille vive (Mons)
Répartition : Belgique, Nord
Origine : je cite ici l'article de Daniel Droixhe (Université de Liège), Beaux vieux mots de Braine-le-Comte (Belgique)
Le terme fait plutôt songer à une famille qui rassemble le montois galguezouille « vain propos, conte-bleu, bourde, calembredaine » (Delm.) et le liég. galguizoude, -oûde « baliverne, sornette, faribole », que Grandgagnage donne sous la f. garguèzoûte. Haust y voit un composé « probable » du « préf. péjoratif cal-, gal- et du m. h. all. gezoc (action de tirer qqch en longueur, de perdre son temps) ». Ce préf. est classiquement invoqué pour expliquer calembredaine, le second élément comportant « le radical contenu dans bredouiller » (BVW).
Il est étonnant que Guiraud conteste l’existence d’un tel préfixe, où il voit plutôt la présence de cale « coquille » au sens de « chose vaine, mensonge ». Il conclut du reste comme suit sa notice des Étymologies obscures à propos de calembredaine et calibourde « mensonge »: « Cela dit, étant donné l’aire dialectale et le sens de ces mots, il est plus logique d’y voir des composés du picard-wallon calender ‘dire des balivernes’ (Pic.), calander ‘bavarder’ (Lorrain). Cf. FEW 16, 298, kallen ‘bavarder’ ». Le gaumais de Chassepierre a effectivt calander « parler avec profusion, faire beaucoup de racontars, plutôt malveillants », à côté de calambourdin.ne « calembredaine ». Mais l’existence d’un « wallon » calender serait en tout cas à vérifier, car l’information de Guiraud paraît viciée : elle remonte sans doute à Grandgagnage, qui fournit en réalité la f. calauder « babiller », précédée du sigle « R » qui signifie « rouchi », et qui suppose égalt l’origine germ. alléguée par le FEW.
Le préf. péjoratif cal-, gal- postulé par Haust et von Wartburg permettrait aussi de rendre compte en partie de galimatias, en y ajoutant éventuellement l’influence de galer « s’amuser, se moquer » invoquée par Guiraud. Au prix d’un « rhotacisme épenthétique de renforcement » pour effet comique - risquons la formule - il conviendrait bien à la caractérisation de propos destiner à « s’amuser » des jeunes filles.
Exemple : A ses cats, ell' fait des risettes / Et t'chant qu'e'l' les d'vins s' nécours / Elle leu raconte des garlousettes / et l'zimbrachent tertus par à tour (Madame à bêtes de Jules Watteeuw, en patois de Tourcoing parue dans le Bulletin des réfugiés du département du Nord, 3 juin 1916)
- Jean Dauby finit sa présentation des Contes du roi Gambrinus de Charles Delin comme ceci : "La bière, bien sûr, coule à flots ; dans la fumée des pipes, dans les concerts de carillon. On y va de ducasse en kermesse avec les wiseux, ninoches, campénaires et d'autres garlousettes. On choie, on crosse, on tire à l'arc, on joue à la guiche ou au billon."
- raconter des garnousettes (cf. ce que dit notre ministre du nord M. Darmanin)
- Le mot a connu la célébrité avec L'Broutteux (Jules Watteeuw) et est resté célèbre par l'inoubliable Simons dans le Magazine du mineur, dont quelques épisodes sont à voir sur le site de l'INA :
Pour illustrer le deuxième sens de jeune fille vive, disons que c'était le nom d'un cheval de courses ("Le représentant Brossette s'était quelques jours avant piteusement comporté sur le même hippodrome, derrière, Gargoulette, Port-Marly, Me Voici etc., que nous avons vus à Paris", in L'Echo d'Alger, 20 octobre 1924) et citons cet extrait du journal Ambiance (7 janvier 1948) : "Mais d'où viendrait le fiancé ? Arriverait-il du nord ou du sud, de l'est ou de l'ouest. Pour le savoir la jeune "garlousette" n'avait qu'à écouter attentivement les cris d'animaux du voisinage."