• wassingue, sur un buvard (Les collections du Musée nationale de l'Éducation, reseau-canope.fr)

    wassingue, sur un buvard
    (Les collections du Musée nationale de l'Éducation, reseau-canope.fr)

    Définition : toile à laver/de ménage, drap de maison, serpill(i)ère, loque (à reloqueter), cinse (Poitou-Charente), torchon (Wallonie, Normandie), panosse (Lyon et alentours, Suisse romande), pièce (Marseille et alentours), chiffon de parterre (Marseille), varouille/vadrouille/varvouille (Québec et vocabulaire de la marine), lave-pont, patte... (cf. francaisdenosregions.com). Cf. aussi le dossier dans l'Urchon Pico l°156.
     

    Répartition : Belgique, Nord, Pas-de-Calais. Le mot n'est pas utilisé en Picardie (mais est indiqué dans le dictionnaire de M.-M. Duquef) ni dans le picard wallon (Ath ou Charleroi), mais est connu à Tournai.

    Prononciation : [wasɛ̃g] ou parfois [vasɛ̃g]. On dit [wazɛ̃g]à Dunkerque.

    Dérivés : wassinguer

    Origine : attesté dès 1856, emprunté au flamand wassching « action de laver » (certain indique en passant par l'anglais washing, ce qui semble peu probable). On le retrouve en fait déjà dans le Dictionnaire rouchi-français de Hécart (1826). Le suffixe -ing/-ingue est courant dans le Nord de la France  (cf. les éléments picard en français)
        Bien que critiqué, le terme se retrouve dans des publicités jusqu'à Paris (des Galeries Lafayette entre autres) comme synonyme de "toile à laver". Vermesse indique qu'il n'a pas de synonyme en français.
        Serpillière, ou serpillère depuis la réforme orthographique aurait un lien avec charpie, d'ailleurs l'objet s'appelle aussi charpillère en Verduno-Chalonnais.
        Le Dictionnaire de Pierre Legrand indique serpillère, toile grossière servant à l'emballage, que l'on fabrique dans le canton de Bailleul.
        En wallon, on connaît le mot wachoter pour "clapoter, barboter dans l'eau, remuer" de même étymon germanique waschen.
       À Dunkerque ainsi qu'à Boulogne, on dit aussi le duel ou la duèle, et le verbe dueller, prononciation du néerlandais dweil d'un étymon germanique þwahlja qui provient de "toile", anciennement "toaille, touaille", comme le mot towel "serviette" en anglais). Hécart qui le donne également sous la forme doué dans son dictionnaire rouchi dit "probablement ainsi nommé de ce qu'il est plus doux comparé aux balais de bouleau.

    wassingue (une) Excelsior, 2 mai 1931)

    Publicité pour Aux trois quartiers (Excelsior, 2 mai 1931)



    Exemple :
        Se retrouve comme nom de famille, et parfois donné comme surnom, alors avec l'article "le Wassingue".

    wassingue (une) (Le Grand écho du Nord de la France, 14 février 1932)

    (Le Grand écho du Nord de la France, 14 février 1932)



        Disons, en passant, qu'à Condé, comme à Valenciennes, il est du meilleur ton de se promener le samedi. Le samedi est le jour où l'on lave et « wassingue » les maisons et où, par conséquent, les ménagères sont le plus occupées. Se promener le samedi, c'est trouver qu public qu'on est du monde, et qu'on n'est pas astreinte aux soins du ménage.
    Charles Deulin, Les Amours de petite ville. Chardonnette, 1872.

    wassingue (une)

     

     

     

    La wassingue meurtrière
    À Roubaix
    En lavant le plancher d'une dynamo un ouvrier est électrocuté.

    (Le Grand écho du Nord de la France, 26 sept 1907)


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  • Définition : pie
     

    Répartition : Picardie, Nord - Pas-de-Calais et autres dialectes de France. Citons la rue des Sept-Agaches (du nom d'une enseigne), une rue des agaches se retrouve dans plusieurs communes (Gaudiempré, Chérisy), plusieurs rue Agache existent (La Madeleine notamment sans savoir s'il provient d'un nom de famille ou du nom de l'oiseau), Arras cumule l'impasse et la rue des agaches. Hécart dit qu'il existait à Valenciennes le cul de sac des agaches ("peut-être de l'habillement des carmes qui le fréquentaient, et près du couvent desquels il était situé").

    Dérivés :
    agacher "bavarder, commérer" et "agacer, exciter" (notamment les enfants pour les faire rire)
    agachette, aguchette (taquinerie amicale, chez Jean-Baptiste Jouancoux),
    nids d'agache (cors au pied,  œil-de-perdrix, œil agassin sur le modèle du latin médiéval oculus pullinus « cor au pied » passé en allemand Hühnerauge, littéralement "œil de poule"). Les syntagmes du type œil d'agace, (ou par déformation nid d'agace) répandus dans le Nord et l'Est en bordure des langues germaniques, et qui sont sans doute des calques directs du néerlandais eksteroog et de l'allemand dialectal Elsterauge, et finalement un type wallon agace, obtenu par dérivation régressive du syntagme précédent, si bien qu'en wallon la même forme peut signifier soit « pie » soit « cor au pied ».
    pied-d'agache, à cloche-pied" et donc "jeu de la marelle" pour Louis Vermesse et Alexandre Desrousseaux (sauter à pied-d'agache)
    bren d'agache, "gomme qui découle de certains arbres" pour Louis Vermesse, cerisier et autres fruits à noyau précise Hécart, qui cite l'expression : "n'brés point, t'aras du bren d'agache" dit-on à celui qui se paint.
    langue d'agache, "bavard" pour Louis Vermesse
    Hécart dit encote pour agache "terme de tannerie. Taches cnoires qui sont sur les cuirs, aux endroits qui n'ont pas été saupoudrés de tannée, ce qui arrive lorsque ces cuirs n'ont pas été bien dégagés de la chaux."

    Origine :
        À côté de ces trois formes (agace/agasse, agache, ageasse) existent encore de nombreuses formes régionales, cf. FEW t. 151, p. 6, s.v. agaza.
        Le français agasse, qualifié par Cayrou 1948 de vieilli et populaire au XVIIe s., semble pour les auteurs de nombreux dictionnaires une graphie moins bonne que agace ; agasse est signalé comme coexistant avec agace dep. Ac. 1798.
        Emprunt à l'ancien haut-allemand agaza « pie », l'un des trois dérive les plus connus de l'ancien haut-allemand aga « id. », les deux autres étant ancien haut-allemand agalstra et agastra « id. » (cf. nouveau haut allemand Elster « pie »).
           L'étymon ancien haut-allemand agaza est attesté au XIIIe s. au sens de « pie » ds Althochdeutsches Wörterbuch, éd. E. Karg-Gasterstädt et Th. Frings, t. 1, s.v. (nom. sg. Gl., éd. Steinmeyer et Sievers, 3, 463, 39, Florenz XVI, 5 : agaza. agilstra pica) ;
           L'ancien haut-allemand aga est attesté au XIe s. au sens de « pie », op. cit., s.v. (nom. sg. aga, Gl. éd. Steinmeyer et Sievers, 4, 228, 3, Brüssel 10 072 : picus specter inde pica aga).
        Pour des raisons chronologique le mot français du Nord ne peut pas avoir été emprunté à l'ancien bas-francique.
        La forme française agasse est peut-être influencée par le provençal. L'ancien-provençal :
            1. 1182, Agassa, nom de famille (ds C. Brunel, Les plus anciennes chartes en lang. prov. ; recueil des pièces orig. ant. au XIIIe s.; suppl.; Paris, 1952, p. 96, Rouergue, Don à l'abbaye de Bonnecombe par Oalric d'Albi ; de ses droits seigneuriaux sur divers biens : [...] Guiral Agassa) ;
            2. XIIIe s., ancien-provençal agassa « agace, pie » (Deudes de Prades, Auzels cassadors, Bibl. de l'Arsenal, belles-lettres françaises, Ms. no55, vol. V.Z. ds Rayn. t. 3 s.v. gacha : Que non prenda pic ni Agassa Ni autre auzel que mal li fassa), semble emprunté au gotique *agatja (Kluge 1967). Dans la partie nord du domaine occitan et la partie sud du domaine français, sur une zone large d'environ 200 km, s'étendant de l'Océan aux Alpes, domine le type ajasse, -g- étant devenu -z̆- (poitevin ajace, berrichon ageassse), développement phonétique qui indiquerait un emprunt très ancien au gotique, FEW, loc. cit.
        Le mot agace a été en lutte avec les représentants du latin pīca. Le type germanique agaza domine encore actuellement dans les dialectes gallo-romans à l'exception de la région parisienne, la Normandie et une partie de l'Ouest, de la Champagne et du domaine franco-provençale où domine le type pīca (pie*), FEW t. 8, s.v., p. 423, largement employé par la langue écrite et qui s'est finalement imposé en français, reléguant agace au niveau des dialectes.
        Dans les autres langues romanes, on trouve également la forme germanique : italien "gazza, gazzera" (où le Dizionario Etimologico "etimo.it" indique un rapprochement avec gazouiller et jaser, là où le CNRTL dit qu'ils sont onomatopéiques), le romanche "giazla". En roumain on trouve gaiță (du serbo-croate galica) et coțofana (de l'ukrainien кукохвостир).
        On retrouve l'étymon latin pica en portugais (pega). L'espagnol urraca serait dérivé de oro (or, en latin aurum) sans lui exclure également une origine onomatopéique. L'anglais reprend le mot français pie en lui ajoutant le déterminatif mag- (pour Margaret, surnom donné aux femmes bavardes).
       L'étymon latin pica remonte à l'indo-européen *(s)peik-  qui donne en allemand Specht (le pic en allemand, mais nom de la pie en luxembourgeois) et l'anglais woodpecker.
       Le rapprochement entre la pie et quelqu'un de bavard (bavard comme une pie) est courante dans toutes l'Europe. De là également le verbe agacer, dont l'étymologie n'est pas établie, mais que l'on pense faire référence à la pie, pour preuve un vers célèbre du pèlerinage de vie humaine de Guillaume de Deguileville (poète normand du XIIIe siècle) :
                     Et tout aussi comme l'agache
                     Par son crier et agachier
                     Nul oysel ne laisse anichier
                     Pres de li, ains les fait fuir



    Exemple :

    Agache-Jean de La Fontaine, L'Aigle et la Pie

    illustration des Fables de La Fontaine, L'Aigle et la Pie

    L'Aigle et la Pie (Jean de la Fontaine)
    L'aigle, reine des airs, avec Margot la pie,
    Différentes d'humeur, de langage, et d'esprit,
            Et d'habit,
        Traversaient un bout de prairie.
    Le hasard les assemble en un coin détourné.
    L'agace eut peur ; mais l'aigle, ayant fort bien dîné,
    La rassure, et lui dit : Allons de compagnie :
    Si le maître des dieux assez souvent s'ennuie,
        Lui qui gouverne l'univers,
    J'en puis bien faire autant, moi qu'on sait qui le sers.
    Entretenez-moi donc, et sans cérémonie.
    Caquet-bon-bec alors de jaser au plus dru,
    Sur ceci, sur cela, sur tout.
    L'homme d'Horace, Disant le bien, le mal, à travers champs, n'eût su
    Ce qu'en fait de babil y savait notre agace.
    Elle offre d'avertir de tout ce qui se passe,
        Sautant, allant de place en place,
    Bon espion, Dieu sait. Son offre ayant déplu,
        L'aigle lui dit tout en colère :
        Ne quittez point votre séjour,
    Caquet-bon-bec, ma mie : adieu ; je n'ai que faire
        D'une babillarde à ma cour :
        C'est un fort méchant caractère.
        Margot ne demandait pas mieux.
    Ce n'est pas ce qu'on croit que d'entrer chez les dieux :
    Cet honneur a souvent de mortelles angoisses.
    Rediseurs, espions, gens à l'air gracieux,
    Au cour tout différent, s'y rendent odieux :
    Quoiqu'ainsi que la pie il faille dans ces lieux
        Porter habit de deux paroisses.
    (à propos de cette dernière ligne, Louis Vermesse cite Escallier, Remarques sur le Patois : "On appelait agacies les religieux dont l'habit était noir et blanc, par conparaison avec le pennage de la pie).


    LAFLEUR. - Sale joène [jeune] d'agache ! El fois-chi, tu n'y coeup' point ! Prépare chés braises, Tchot Blaise !


    Din ène sartaine école ec j'étoés cinsé driger, o z'avoèmes ène inspectrice qu'al étoét futée comme ène vielle agache pi qu'al edvinoét tout ch'qu'o voloét li mucher rien qu'à vir chés airs ed feux tchul d'ses subordonnés. (Jacques Varlet, Picartext)

     

    agache (une)

    La Rue des sept agaches, la plaque est en bas à droite
    (source : bm-lille.fr)


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  • La principale maison de correction était la Maison forte ou Raspuck (aussi dite maison du Raspuck) au coin du quai de la Basse-Deûle et de la rue Comtesse.

     

    Bonne et forte maison, 

    dite Maison de salut ou Raspuck

    Localisation : à l'emplacement du Palais de justice

    Datation : 1663

    Fondée grâce au legs de François Gilles pour l'édification d'une demeure pour retenir et faire travailler les vagabonds hommes et femmes. Il deviendra un lieu de coercition pour les filles publiques. Il sera rattaché à l'Hôpital général. Fermé à la Révolution, il sert d'hôpital militaire en 1813 et fut transformé en prison pour suspects. 

    En 1836, la maison est détruite pour permettre la construction du Palais de Justice.

    Source : Inventaire sommaire des Archives hospitalières de Lille antérieures à 1790. Tome second, 1898.

    source : http://www.patrimoinehospitalierdunord.fr/epoqueclassique-lille-bonne-et-forte-maison-dite-maison-de-salut-ou-raspuck.html

     

    FEW indique pour ce mot :

     

        rasphuys (fläm.) zuchthaus. Flandr. raspuse „maison de détention“, raspuck. – Der fläm. Ausdruck deruht aus zuss. von raspen und huys, weil man die gefangenen mit holzsägen beschäftigte.

     

    Raspuck (Plan de Lille, P.F. Rousseau, géom. du Cad., 1822)(gallica)

    J Mon d'Arrêt dite Raspuck
    (Plan de Lille, P.F. Rousseau, géom. du Cad., 1822)
    (source : gallica)


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  • Définition : étrangler

     

    Prononciation : j’ai toujours entendu la prononciation étroner, qui est une déformation de la forme étran.ner [etrãne], le son de la nasale se rapprochant du [o]. On trouve dans les dictionnaires picards les orthographes étraner, étranner, étran.ner, . À Ath, René Huvelle indique èstran.neu, stran.neu, ètran.neu. 

     

    Répartition : Picardie, Nord, Belgique (en wallon, on trouve (e)s(i)tronner ou stronler, en lorrain Léon Zéliqzon note les formes proches tran’wo, trènower et trôgni).

     

    Dérivés : s’étronner, étrane-midi et étraner d’faim ("affamé, qui meurt de faim" chez Hécart)

    (à ne pas confondre avec le mot d’argot étronner qui vient de "étron" et signifie donc "déféquer“).

     

    Synonyme : étoquer/étotcher (pour estomaquer), énoquer (pour étouffer), égavioter (pour égorger) …

     

    Origine : du latin strangulare : comme en français l’association str- a donné étr- ou str-, par contre l’association -ngul- / -ngl- connaît une transformation similaire à l’association -nbl- (cf. trembler = tranler > tranner, sembler = sanner, ensemble  = ensanne, ébranler = ébranner, esseigler = essoiler).

     

    Alain Dawson, Variation phonologique et coh ́esion dialectale en picard (HAL.archives-ouvertes.fr Id tel-01387600)

    Alain Dawson, Variation phonologique et cohésion dialectale en picard
    (HAL.archives-ouvertes.fr Id tel-01387600)

     

    Exemple :

    On retrouve souvent l’exemple d’étrangler pour tuer une poule : "Les chiens et les renards, les putois et les fouines étrannent les poules. Un chien en étranne un autre" ; "La bête al a étranné no glingne" (chez Haigneré). Il semble que ce soit un sens élargi également présent en ancien-français : « Li lions qui gardoit le sanc Nostre Seigneur / Les estranla tous deux...» (Chanson de Baudouin de Sébourg)

     

    In disant o, su chl’inocint,  

    Conme un furibond, ch’leu i seute 

    Et pi ll’étranne d’un boin coup d’dint.   

    Gaston VASSEUR (1955), traduction de la Fable de La Fontaine, Le loup et l’agneau (Chu leu pi ch’piot égneu (L. I, 10), https://lanchron.fr/fable.htm)

     

    Chou qu’j’sais ben, ch’é ki féso traner, braire et rire chés geains tout al fos. I moutro comme i fo à tertain et à tertous qu’chel lo d’Disjonction kalle n’serviro mi qu’à étraner chez liberté. (L' z' Épistoles kaimberlottes d' Jérôme Pleumecoq dit ch'Fissiau, par M. Henri Carion) 

     

    I s'étoque, i s'étran-ne, i s'époumon-ne ! I' l'in d'vient tout aussi bleu qu'd'él porée d'choux rouches ! El vlà qu'i tousse, à n'in raquer ses dominos, aveuc des rassaquées d'halein-ne pires qu'eunne chasse d'iau qui s'désarmorce !

    Raymond Coudert (Picartext)

     

    alorss min tayon i cminchoait à rire, à rire, i s'étran.noait d'rire, il évnoait tout rouge 

    Jean-Pierre Calais (Picartext)

     

    Avant d'alli s'rassir tous deux, da leu cado,

    Ercantant ech viu air d'leu gazious qui s' étrannt' …

    Emoustillis tous deux par un tchout doui d'vin blanc,

     

    Nord-PdC COLLECTIF (Picartext)


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  •     Pour une fois, il ne s'agit pas d'un moment vécu par moi, mais par quelqu'un d'autre [https://denez.com/2015/08/02/2nde-ou-2de-2eme-ou-2e/]

    Moments vécus... en anglais 16 - abréviations



    Les deux rames du TGV et IDTGV Saint-Brieuc-Paris de dimanche 2 août à 18h14 ont eu un retard de plus de quatre heures, en raison d’un accident sur la voie, le TGV précédent ayant percuté un tracteur dans la traversée de la commune de Noyal, en Ille et Vilaine. Ce dimanche soir là il valait mieux se rendre à Paris en covoiturage. Alors que j’attendais le départ du train, j’ai eu longuement le temps d’observer la rame, et mon attention a été attirée par l’inscription 2nde sur une des voitures. Ce 2nde m’intriguait, il y avait quelque chose qui ne collait pas. Rentré chez moi, j’ai évidemment cherché sur internet* et eu la confirmation que l’emploi de l’abréviation était fautif : second et seconde s’abrègent 2d et 2de. De même, deuxième s’abrège 2e et non 2ème. J’ignore si l’erreur est présente sur toutes les rames de TGV et plus généralement sur tous les trains SNCF, à vérifier… L’utilisation de l’adjectif numéral seconde, au lieu de deuxième, est correcte, puisque la troisième classe a été supprimée le 3 juin 1956, deuxième s’utilisant de préférence dans une énumération de plus de deux éléments. Au demeurant, sur le site de réservation en ligne de la SNCF, il est écrit deuxième et non seconde. L’inconvénient du mot seconde est qu’il peut induire en erreur les voyageurs étrangers, qui ne comprennent pas toujours pourquoi avec un billet de deuxième on prend une voiture de seconde alors qu’avec un billet de première on prend une voiture de première. Seconde est aussi un homonyme de l’unité de temps, mais avec les retards actuels (deux heures trente ce matin sur le TGV Saint-Brieuc-Paris de 6h14, le train a été dévié à la dernière minute vers Nantes), la SNCF n’est pas à une seconde près.

    (*) Plus d’informations sur le site internet de l’Académie Française :
    http://www.academie-francaise.fr/abreviations-des-adjectifs-numeraux


        Comme quoi, je ne suis pas le seul à faire ce genre de remarque... sauf que c'est la remarque d'un autre lecteur qui met presque le doigt sur le problème : "Cela me fait penser aux nombreuses dérives dans l’utilisation de la langue française.
    "Ainsi dans les abréviations de Monsieur il est fréquent de voir “Mr”, qui correspond à Mister en anglais. Les abréviations correctes sont M. pour Monsieur, Mme pour Madame, Mlle pour Mademoiselle (pardon elle n’existe plus, nous devons dire Madame même si elle n’a que 4 ans…), Me pour Maître, etc."

        Eh oui, le mot est lâché : ANGLAIS ! En effet, quand on vérifie dans wiktionnaire et wiktionnary (on a les référence qu'on a !) on trouve les articles
    français 2d (pluriel 2ds, féminin 2de, féminin pluriel 2des)
    et
    anglais 2nd (Variante orthographique 2d)

        Je dois repenser mon cousin (de quelques années plus jeune) qui a loupé son entretien parce que son recruteur lui avez donné comme heure de rendez-vous quelque chose comme : "à 7h am" Mon cousin, ni une ni deux comprend à 7h du matin ("am" veut dire, comme tout le monde le sait "ante meridiem"). Sauf que le recruteur plus âgé, écrivait en français et comprenait "après-midi". Ce recruteur devait certainement encore se considérer comme un PDG et pas déjà comme un CEO. À moins que le problème soit venu de l'assistante RH (qui s'appellera certainement bientôt HR, et qui s'occupera en même temps de la PR, le turnover n'étant plus ce qu'il était, il faut savoir être polyvalent et performant).

        Autre faute que l'on rencontre est kgs, qui s'accorde en anglais (c'est bien la seule chose que les Anglais accordent) et invariable en français. Au Canada (et en France certainement aussi), on trouve des formules prises [http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?id=5249] de l'anglais : Serrurerie 24h (où on ne sait pas si l'intervention se fait dans les 24h ou 24h/24), 24/7 (qui se comprendrait, mais on peut préférer  24/24 - 7/7). On trouve bien No. au lieu de n° (numéro).

    Moments vécus... en anglais 16 - abréviations

        Je ne parlerais même pas des asap, FYI, AKA, DIY qui sont parfois utilisés par des Français sans même savoir ce que cela veut dire en anglais. J'apprends, mais cela ne m'étonne même pas, que les abréviations i.e. et e.g. sont de plus en plus courants en français. [https://www.druide.com/fr/enquetes/deux-latino-anglicismes-ie-et-eg].
        Concernant la ponctuation, je pense maintenant aussi à ne plus savoir quand on écrit Français et quand on écrit français, alors que c'est assez simple. Mais en anglais, les noms de langue s'écrivent avec un majuscule (va savoir pourquoi ?), "Pardon my French!" Ou tiens, le fait de ne pas mettre l'espace insécable avant ?, !, ;, :

       Autre abréviation de plus en plus souvent prononcé à l'anglaise est @ qui s'appelle arrobase en français.


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